LA RANDONNÉE
Le Magazine de Suisse Rando
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N° 2264
Herisau
— St. Gallen, Bahnhof
• AR
Dans les pas de Robert Walser jusqu’à Saint-Gall
«La promenade m’est indispensable», écrivait Robert Walser il y a plus de 100 ans dans l’une de ses œuvres les plus connues, La Promenade. L’écrivain suisse, également connu comme le «roi des promeneurs», s’est beaucoup déplacé. Durant ses nombreuses années passées à l’institution psychiatrique de Herisau en particulier, il n’a cessé de randonner à travers les collines et vallées d’Appenzell et de Saint-Gall. «Sans la promenade, je serais mort», a écrit Robert Walser dans son récit.
Grâce à Carl Seelig, son mécène et protecteur, bon nombre de ses promenades, ou plutôt randonnées, peuvent encore être retracées aujourd’hui. L’une des plus belles relie Herisau à Saint-Gall en passant par le point de vue de Solitüde. Depuis la gare de Herisau, il faut suivre le panneau indicateur en direction de Sturzenegg et passer d’abord devant le cimetière où Robert Walser est enterré. L’itinéraire descend ensuite jusqu’au terrain de sport puis remonte jusqu’à Sturzenegg, où une ravissante auberge de campagne invite à faire une pause. Le chemin mène alors dans le ravin de l’Urnäsch, jusqu’à son embouchure dans la Sitter, où un imposant viaduc ferroviaire et un vieux pont en bois s’étirent au-dessus du cours d’eau.
Un peu plus loin en direction de Störgel vient l’impressionnante traversée du pont en treillis d’acier long de 355 mètres et haut de près de 100 mètres jusqu’à Haggen, un quartier résidentiel de Saint-Gall. Le chemin monte ensuite au point de vue de Solitüde, d’où le panorama s’étend du lac de Constance au Säntis. La descente passe par le quartier de Riethüsli avant de remonter vers la forêt de Bernegg et le château et restaurant Falkenburg, fraîchement rénové.
Enfin, le funiculaire Mühleggbahn ou le chemin des gorges de Mülenen permettent d’accéder directement à l’abbaye de Saint-Gall, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO en raison de sa célèbre bibliothèque, de son couvent et de sa collégiale. La gare n’est alors plus très loin.
N° 2263
Alp Lütholdsmatt
• OW
Sur un chemin historique au Pilate
Pendant la Seconde Guerre mondiale, des internés polonais ont créé une pépite dans l’art de la construction de chemins, du côté obwaldien de la chaîne du Pilate. Le chemin pavé, qui serpente à travers les alpages, ressemble à une version miniature de la route de la Tremola du col du Saint-Gothard. Le Polenweg, ou Chemin des Polonais, est le cœur d’un circuit de randonnée qui démarre à l’alpage Lütholdsmatt.
Le début est un peu morne: l’itinéraire suit une petite route d’alpage bitumée sur pas moins de 2 kilomètres. A Märenschlag, celle-ci se transforme en un chemin gravelé. A partir de Balismatt, l’itinéraire devient vraiment beau: le tracé du Polenweg est pavé de pierres naturelles non taillées et accompagné d’ouvrages d’art. Il s’agit notamment d’un pont à voûtes en maçonnerie et d’un tombino, une grille d’évacuation des eaux. L’inventaire des voies de communication historiques de Suisse attribue au tronçon une importance nationale.
Il vaut la peine de prendre son temps sur le Polenweg pour observer d’une part l’aménagement du chemin et, d’autre part, le paysage. Il n’y a certes pas de grands panoramas, mais la vue sur les contreforts ouest de la chaîne du Pilate est belle, avec les sommets de la Stäfeliflue et de la Blaue Tosse, ainsi que sur le Widderfeld dans la direction opposée. Au sud, la vue s’étend sur le lac d’Alpnach et le Stanserhorn.
A Steinstössi, l’itinéraire quitte le Polenweg pour continuer sur un chemin pédestre facile vers Gschwänt et descendre ensuite jusqu’à Rischigenmatt en passant devant les chalets de l’alpage Älggäu. De là, une petite route recouverte de gravier, puis de bitume, mène à Fachsboden et à la bifurcation de Rossstand, où se trouve une aire de repos bien aménagée. Le chemin retourne à l’alpage Lütholdsmatt en passant par la ferme Stock.
N° 2262
Grafenort
— Engelberg
• OW
Face au Titlis dans la vallée d’Engelberg
Cette randonnée passe par les Alpes nidwaldiennes, bien au-dessus de la vallée d’Engelberg. Elle permet d’admirer le Titlis, les Spannörter et les Wendestöcke.
Le lieu de départ, l’Alp Lutersee, au pied du Steinigberg, se situe entre le Stotzigberg et le Widderfeld Stock. Le terrain escarpé est parsemé de blocs rocheux. Pas facile pour le vacher qui garde les bêtes l’été. Au début de la saison, il installe des clôtures pour réduire les risques sur ce terrain difficile. Après l’été, il pose poteaux et fils de fer au sol, pour éviter que des avalanches ne les emportent ou que la faune sauvage ne se blesse.
Les limites du pâturage se voient aux traces de pas horizontales sur le terrain. Là où il n’y en a pas, l’herbe est fauchée. Sur l’Alp Lutersee, il s’agit de la zone située au-dessus de la clôture. C’est le royaume des chamois et de celles et ceux qui font les foins à flanc de montagne.
Pour rejoindre l’Alp Lutersee, on suit la rive gauche de l’Engelberger Aa vers l’amont de Grafenort à Mettlen. C’est là que se trouve la station inférieure du petit téléphérique vers Rugisbalm, où l’on monte dans une autre modeste installation jusqu’à l’Alp Lutersee.
Ici débute la randonnée proprement dite, qui parcourt tout l’alpage, du bas vers le haut. Le Lutersee, qui donne son nom au lieu, est un petit lac au cœur d’une zone karstique qui n’a ni affluent ni écoulement et souvent peu d’eau. En passant devant le Salistock, on rejoint le chemin escarpé qui descend à l’Alp Zingel. Le tronçon suivant est plus facile. Il mène vers l’intérieur de la vallée par le Zingelschafberg, sur un terrain ouvert puis dans la forêt. Là où le chemin bifurque, on part à gauche pour passer par les alpages de Staldeli et Staldirain. Une fois le fond de la vallée atteint, on longe l’Engelberger Aa jusqu’à Erlen. La gare est assez proche.
N° 2261
Piora
• TI
Les trésors naturels cachés du Val Piora
La diversité des merveilles naturelles du Val Piora est légendaire. Une géologie particulière a créé une multitude de paysages et d’habitats. Outre les sédiments du synclinal de Piora, la roche cristalline du massif du Gothard, le gneiss et le schiste de la nappe du Lukmanier s’entrechoquent ici. Un filon de dolomie traverse le synclinal. Dans cette roche friable, des formes karstiques fascinantes se sont formées. Dolines, grottes, gouffres et gorges fossiles sont bien visibles autour du Lago Cadagno.
Les bosses et les creux arrondis de la roche cristalline formés par les glaciers, dans lesquels se nichent de très jolis lacs, contrastent avec les formes dentelées. On se croit parfois dans un paysage de fjords, surtout à l’arrivée au Lago Ritóm, auquel on accède par l’un des funiculaires les plus raides au monde. Un sentier didactique biologique d’une dizaine de kilomètres longe la rive sud du Lago Ritóm jusqu’au Centre de Biologie Alpine proche de la fromagerie Alpe di Piora. Là, il rejoint sans transition le sentier didactique sur la microbiologie autour du Lago Cadagno.
De Cadagno di Fuori, on retourne au Centre par la piste carrossable qui passe devant la Capanna Cadagno en direction du Passo del Sole. Au point 1981, on bifurque à droite et on poursuit vers le Passo Forca. Le sentier d’altitude offre de belles vues sur les lacs et les pavés de l’ancien sentier muletier sont en partie conservés. Au niveau du beau lieu-dit Pinett, on quitte l’itinéraire d’altitude vers la droite pour descendre au Rifugio Lago Ritom. Le retour jusqu’au funiculaire se fait par la route de montagne en 25 minutes environ.
N° 2260
Bourg-St-Pierre
• VS
Le vallon de Valsorey et son paysage morainique
La randonnée débute à Bourg-Saint-Pierre, dernier village du district d’Entremont et dernière localité avant le col du Grand-Saint-Bernard. Autrefois, ce petit village était un goulet d’étranglement entre la Suisse et l’Italie, traversé par les Sarrasins, les Romains et les soldats de Charlemagne et de Napoléon Bonaparte. Aujourd’hui encore, des vestiges historiques, tels qu’une colonne romaine, témoignent de ces époques.
Le sentier quitte le village en montant doucement et rejoint le chemin balisé en blanc-rouge-blanc à l’alpage de Cordonne. A partir de là, la randonnée est accompagnée de sifflements de marmottes, du murmure de la rivière glaciaire torrent du Valsorey et des cloches des vaches. Après un certain temps vient la traversée du torrent de Penne, sans pont, mais avec l’aide d’une corde en cas de fort débit. Puis le chemin de randonnée de montagne se divise: l’un mène à la cabane de Valsorey CAS, l’autre à la cabane du Vélan CAS. Ce dernier permet de découvrir une marge proglaciaire, qui se distingue par ses torrents glaciaires sinueux et sa riche flore alpine.
Ensuite, la montée s’intensifie et la cabane du Vélan, qui trône sur une moraine, est bientôt en vue. Le chemin, bordé de rhododendrons des Alpes et de gentianes, gravit la montagne en quelques virages. La cabane est atteinte après un passage devant les fondations de l’ancienne cabane, qui a brûlé en 1991. De là, une superbe vue s’étend sur le Mont Vélan, le glacier du Tseudet et le versant sud du Grand Combin.
Le chemin du retour, un peu exposé sur l’arête de la moraine, mène jusqu’au versant opposé. À la bifurcation suivante, il faut rester sur le chemin de randonnée de montagne et ne pas prendre le chemin de randonnée alpine à gauche. Depuis Chalet d’Amont, le chemin du retour est le même qu’à l’aller.
N° 2259
Versegères, Le Liappey
— Verbier
• VS
A la rencontre du Verbier sauvage
A quelques encablures de l’effervescence de la station de Verbier, la randonnée qui y mène au départ de Prarreyer est d’une autre atmosphère: tout est sauvage, calme et silencieux.
Le parcours longe par ailleurs des cultures de plantes aromatiques et médicinales, bien présentes dans la région. Camomille, calendula, thym, menthe ou mélisse poussent en effet facilement dans les Alpes et sont déclinés en herbes aromatiques, tisanes ou baumes.
Le départ se fait à l’arrêt de bus Versegères, Le Liappey. Après avoir traversé la scierie et longé quelques minutes le cours d’eau la Dranse de Bagnes, le parcours emprunte des sentiers forestiers. On atteint après environ une heure de marche le village de Sarreyer, qui compte de vieux mazots en bois d’un charme certain. Le Café du Mont-Fort permet de manger un morceau avant de poursuivre la randonnée. En quittant le village, on surplombe la parcelle de démonstration de la productrice d’herbes aromatiques Isabelle Gabioud.
La vue depuis les hauts de Sarreyer est à couper le souffle: on peut y admirer la chaîne des Dents du Midi, au nord-ouest, ainsi que les Grand et Petit Combin au sud. Après une montée à flanc de pâturage, on accède à la hauteur du Plan Varjay, d’abondantes prairies fleuries redonnent un peu de baume au cœur après l’ascension ardue. Le point culminant du parcours se situe juste avant le hameau de Clambin, duquel on voit déjà se profiler la station de Verbier. Là, l’établissement Chez Dany permet de se restaurer. Il ne reste ensuite qu’une demi-heure de marche pour rejoindre Verbier, où les télécabines permettent soit de redescendre dans la vallée, soit de prendre encore plus de hauteur.
N° 2258
La Pasay
• VS
Randonnée panoramique vers le Mont Brûlé
On gagne de l’altitude depuis Le Châble, vite fait bien fait. En télécabine puis en télésiège, sur des sièges confortables, on passe depuis le bas du val de Bagnes de 821 mètres à 2167 mètres. Et si l’on a le souffle coupé, ce n’est pas dû à l’air qui se raréfie, mais au spectacle que l’on découvre quand, après la forêt et les prairies, on atteint la station supérieure et que les montagnes et leurs glaciers se dressent devant soi.
Ce décor de rêve ne disparaît pas lorsqu’on suit le chemin de crête vers le sud-est, en passant sous la Tête de la Payanne, jusqu’au Mont Brûlé. A gauche et à droite de la crête paissent des vaches, surtout des noires de la race d’Hérens. Au Mont Brûlé, le massif des Combins, le Mont Vélan, les Grandes Jorasses et le Mont Blanc s’ajoutent à la liste. Lors de la brève descente vers le col de Mille, on passe devant les panneaux du Sentier des énergies et les explications des différentes formes de production d’énergie. La cabane située au col permet de se restaurer et de dormir. Si l’on y passe la nuit, il est vivement conseillé de faire un crochet par le sommet du Mont Rogneux (montée 2 h, chemin de randonnée alpine T4), d’où l’on a une superbe vue panoramique.
Du col de Mille, on emprunte le chemin qui descend vers le nord, puis on traverse un alpage jusqu’à un chemin rural. On passe devant les Ecuries de Mille, où les vaches sont traites, jusqu’au virage en épingle suivant. Là, on quitte la piste carrossable et on suit sur la gauche le sentier de randonnée qui passe par Les Golassons et le chemin de crête pour revenir au début du parcours, à la station supérieure de La Pasay.
N° 2257
Les Ruinettes
— Fionnay
• VS
Le Grand Combin sous les yeux
Le Grand Combin n’est pas seulement une montagne, mais aussi un massif, un pont entre le massif du Mont Blanc et les 4000 du Haut-Valais. C’est à lui que cette randonnée est dédiée. Elle mène de Verbier au bout du val de Bagnes et offre constamment une vue grandiose sur le Grand Combin.
La randonnée débute à la station supérieure des Ruinettes, que l’on atteint en télécabine depuis la station de Médran/Verbier. Elle mène d’abord à l’alpage de La Chaux et au bisse de Levron. C’est un ample et bel alpage dont la beauté a été malmenée par les pistes de ski et les remontées mécaniques. La cabane Mont Fort est perchée sur un éperon rocheux, 300 mètres au-dessus du chemin. C’est le point de départ idéal si l’on trouve l’approche trop longue et que l’on préfère passer une nuit en montagne.
Peu après les bâtiments d’alpage, le chemin, transformé en sentier, mène sur le flanc du Bec des Rosses, exposé à l’ouest, et du Bec Termin. Et là, c’est le plaisir à l’état pur. On passe par des pâturages d’altitude où les fleurs s’épanouissent en juillet et en août. Le chemin exige de l’attention car il passe sur un terrain escarpé. En début d’été, il peut encore y avoir des champs de neige, ce qui requiert une prudence particulière.
Au col Termin, le sentier se ramifie. Cette randonnée suit un moment le flanc ouest puis descend vers le lac de Louvie. Il est conseillé de faire une petite boucle pour passer devant les îtres, les bâtiments d’alpage historiques typiques du val de Bagnes. Mais aussi de faire une halte à la cabane de Louvie, au bout du lac. Car maintenant, le chemin, exposé au soleil, descend en pente raide et en de nombreux virages vers Fionnay.
N° 1622
Quinten
— Amden, Lehni
• SG
Randonnée aux chutes du Seerenbach
On accède au point de départ de cette randonnée en bateau, en traversant le lac de Walenstadt de Murg à Quinten. Le village n’est accessible qu’à pied, on n’y voit donc aucune voiture. Sis entre le lac et les Churfirsten, le lieu compte moins d’une quarantaine d’habitants et n’est pas sans rappeler les fjords scandinaves. De par sa situation sur la rive ensoleillée du lac, Quinten présente en revanche un climat méridional et une riche biodiversité, ce qui en fait un endroit idéal pour la vigne. La randonnée débute en sortant de Quinten et en longeant le lac. Après une petite demi-heure, le chemin monte en direction du ruisseau Fulenbach à travers une forêt mixte. On peut toujours apercevoir de-ci de-là le bleu profond du lac. Le sentier parcourt un terrain escarpé dont les passages difficiles sont sécurisés, à un endroit même au moyen d’une galerie. Le chemin entame alors une légère descente. À mi-chemin de Betlis, une jolie aire de grillade invite à la pause. Aux alentours de Seeren, le paysage se dégage peu à peu et les randonneurs atteignent les chutes du Seerenbach après une courte ascension. C’est impressionnant de voir l’eau tomber depuis l’une des chutes d’eau les plus hautes du monde. Les trois paliers de la cascade atteignent près de 600 mètres au total. Ils s’observent encore mieux sur la suite du chemin vers Betlis. Après l’auberge Paradiesli, une nouvelle ascension mène à Schöpfsagg, puis on passe le long d’un petit lac artificiel avant de rejoindre l’arrêt du car postal dans le virage de Lehni.