LA RANDONNÉE
Le Magazine de Suisse Rando
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N° 2391
Lauenensee
• BE
Circuit du lac de montagne à la cascade
Le circuit de randonnée aller-retour du lac de Lauenen à la cabane Geltenhütte CAS comprend un petit lac tranquille, des cascades tonitruantes et un paysage alpin impressionnant.
Depuis l’arrêt de bus Lauenensee, il faut d’abord suivre le chemin de randonnée balisé en jaune en direction du lac de Lauenen. Le petit détour au début de la randonnée en vaut la peine: niché entre les marais et les prairies, le lac limpide reflète les sommets des environs.
L’itinéraire 307 de SuisseMobile vers le sud-ouest est alors emprunté sur un court tronçon. On le quitte dès que la montée commence, en restant à gauche à l’orée de la forêt. Un chemin non balisé retourne quelques mètres en arrière, au ruisseau Gältebach, où il débouche sur un chemin de randonnée de montagne balisé en blanc-rouge-blanc. Il faut maintenant suivre la signalisation en direction de Geltenhütte CAS.
Le chemin monte dans la vallée, en restant toujours à portée de vue et d’ouïe du Gältebach. À Im Ture, une première cascade donne un avant-goût de ce qui attend les randonneuses et randonneurs. Enfin, l’un des points culminants de la randonnée se révèle: la cascade Gälteschutz. D’énormes masses d’eau se précipitent ici dans le vide, sur une hauteur de 180 mètres. Entouré de prairies en fleurs multicolores et d’imposantes parois rocheuses, un décor spectaculaire se déploie. Il est d’autant plus frappant après la fonte des neiges.
Sur le flanc de montagne adjacent à la Gälteschutz, le chemin se fait plus raide et plus rocheux. Il faut donc avoir le pied sûr. À 2002 mètres d’altitude, la Geltenhütte CAS se présente enfin et invite à faire une halte au cœur de la réserve naturelle de Gelten-Iffigen. La cabane est située au pied du Hahneschritthore, avec vue sur le Wildhorn, le Geltenhorn et l’Arpelihore.
Le chemin du retour est varié et longe l’autre côté de la vallée. Il passe par Gältetrittli et Tungeltrittli jusqu’à Vorschess, où un virage serré débouche sur un chemin de randonnée balisé en jaune qui ramène au lac de Lauenen.
La randonnée peut se clore en admirant encore une fois la deuxième grande cascade de ce circuit, la Tungelschutz. Elle capte les eaux des zones du Stieretungel et du Chüetungel et se jette sur des falaises abruptes dans le ruisseau Tungelbach.
N° 2352
Basel Dreispitz
— Basel SBB
• BS
Sur les traces des Romains à Bâle
Le nom Basilia apparaît pour la première fois en 374 apr. J.-C. Dans la vieille ville du Petit-Bâle actuel, l’empereur romain Valentinien a fait ériger un munimentum, un ouvrage de défense pour sécuriser la frontière. Autour de la Rheingasse, des objets datant de cette époque ont été découverts, notamment de la vaisselle en céramique. De l’autre côté du Rhin, sur la colline de la cathédrale, se trouvait un camp romain protégé par un mur d’enceinte.
La randonnée qui explore les racines romaines de Bâle traverse la ville et commence par les jardins Merian, un immense parc avec différents espaces verts. Après cette oasis colorée, la vie bat son plein au Parc Saint-Jacques, plus grand stade de football de Suisse et antre du FC Bâle. Sur les murs en béton qui longent la Birse, plus d’une personne a immortalisé son amour pour le club de football. La rivière sépare Bâle de Birsfelden, et le canton de Bâle-Ville de Bâle-Campagne. Ses rives semblent étonnamment sauvages. Au niveau du parc Birsköpfli, la Birse rencontre le Rhin, qu’il faut suivre jusqu’au pont Wettsteinbrücke. Avec une vue imprenable sur la cathédrale, l’itinéraire traverse le fleuve pour rejoindre le Petit-Bâle et la Rheingasse.
Le Mittlere Rheinbrücke ramène au Grand-Bâle jusqu’à Schifflände. Non loin de la cathédrale, l’emblème du Grand-Bâle, on peut admirer les vestiges de l’enceinte romaine avant de traverser le centre animé en passant par la Marktplatz, la Barfüsserplatz, la Heuwaage et le zoo jusqu’aux portes de la Markthalle historique. Dans cette ancienne halle de marché, des stands de restauration du monde entier invitent à une conclusion culinaire du circuit. La gare CFF n’est alors plus très loin.
Durant cette randonnée, il est conseillé d’afficher l’itinéraire dans l’application Swisstopo grâce au code QR au verso et de l’utiliser pour la navigation. Dans l’océan de couleurs de la grande ville, on a vite fait de rater les indicateurs de direction.
N° 2351
Gadmen, Saageli
— Steingletscher
• BE
Le sentier muletier du Susten
Dans l’histoire, le col du Susten n’est jamais devenu un axe commercial important, même si de tels projets existaient. Au début du XIXe siècle, les cantons d’Uri et de Berne voulaient construire une route de communication pour promouvoir le commerce du fromage. Mais le projet n’a jamais été achevé, car la priorité a soudain été donnée au Grimsel et au Gothard.
Aujourd’hui, l’ancien chemin muletier permet de randonner jusqu’au col du Susten, bien protégé de la route du col. Depuis l’arrêt de bus «Gadmen, Saageli», l’itinéraire mène au barrage et longe la rivière Steiwasser jusqu’à un pont et un pâturage. De là, il suit le cours d’eau Gadmerwasser et gravit le premier palier escarpé jusqu’à Wyssemad. Derrière, les imposants sommets de la Gadmerflüö s’élèvent dans le ciel, recouverts de forêts des deux côtés. Celles-ci se font toujours plus clairsemées et, bientôt, on franchit le deuxième palier majeur en empruntant des chemins stabilisés par des murs en pierre, au bout desquels se trouve un coin grillades. On arrive ensuite à In Miseren, un haut marais d’importance nationale. L’endroit a été façonné par le glacier, comme en témoignent les roches moutonnées. De petits lacs intacts entourés de zones d’alluvionnement sauvages, de grands blocs de roche et un peuplement d’aroles épars forment un paysage paisible. Le chemin est constitué de grandes dalles de pierre qui s’étendent joliment à travers les zones humides.
On atteint bientôt la limite des arbres et, avec elle, le but de la randonnée à l’alpage Steingletscher et sa fromagerie. Le lieu offre une bonne vue sur la route du col inaugurée en 1946: construite pour répondre à l’émergence du tourisme automobile, son concept esthétique visait à ce qu’elle forme «une unité avec le majestueux paysage de montagne», comme l’écrivait alors l’ingénieur en chef. Avec succès: le jour de l’inauguration, 15 000 voitures empruntaient déjà la route du col.
Schmiedsboden
— Niederrickenbach
• NW
Lichens et téléphériques nidwaldiens
Le canton de Nidwald est un eldorado des téléphériques. Il compte près d’une vingtaine de petits téléphériques publics. Pour les paysans de montagne, ils sont souvent le seul moyen de transporter des marchandises et des produits agricoles jusqu’aux fermes ou alpages. Mais les randonneuses, les randonneurs et les touristes les empruntent aussi volontiers.
La randonnée débute par un court trajet en téléphérique à quatre places d’Oberrickenbach à la ferme Schmiedsboden. De là, le chemin monte d’abord à travers des prairies alpines jusqu’à la forêt Haldiwald. Il grimpe ensuite en pente légère jusqu’à Ober Sack, où la vue sur la vallée d’Engelberg est impressionnante. Le chemin longe alors une arête à l’orée de la forêt et se fait parfois un peu plus raide.
Après 300 mètres de dénivelé, on atteint le point culminant de la randonnée à l’alpe Gigi. Ici, une bifurcation en direction de Haldigrat permet au besoin d’arriver au télésiège qui mène jusqu’à Alpboden, peu avant Niederrickenbach. Car la descente suivante n’est pas une mince affaire: le sentier escarpé traverse de magnifiques prairies de montagne en fleurs jusqu’à Wasserboden, puis emprunte un chemin de terre jusqu’à Oberst Hütti, une ferme.
Après une autre descente vers Mittlist Hütti, le chemin s’enfonce dans la forêt de Steinalper. Cette réserve forestière est un paradis pour les lichens: plus de 150 espèces y ont déjà été recensées. En y regardant de plus près, ces végétaux à la croisée du champignon et de l’algue se révèlent à chaque pas. Ils ornent les troncs et les branches de motifs originaux aux tons blancs, gris, bruns, voire jaunâtres.
La forêt prend fin à Alpboden, la station inférieure du télésiège d’Haldigrat. De là, un chemin bitumé traverse les pâturages, où quelques majestueux érables offrent de l’ombre au bétail en été. A Niederrickenbach, l’église de pèlerinage attend les randonneuses et randonneurs et, juste derrière elle, la maison de pèlerinage et son délicieux buffet de gâteaux.
N° 2349
Sisikon
— Flüelen, Gruonbach
• UR
Le lac d’Uri, un tableau à ciel ouvert
Le lac d’Uri a beaucoup inspiré les artistes, dont les peintres paysagistes du XIXe siècle comme le Genevois Alexandre Calame ou le Britannique William Turner. Durant la randonnée, on admire d’abord de très près, puis depuis les hauteurs, ce bassin aux eaux turquoise enserré entre des flancs de montagne escarpés.
Le circuit débute à la gare de Sisikon et exige d’abord un peu de tolérance. Le chemin de randonnée en revêtement dur longe sur quelques mètres l’«Axenstrasse», où les véhicules passent à toute vitesse. Alors que les voitures disparaissent dans le tunnel de Buggital, l’itinéraire contourne la montagne par la droite. Grâce aux tunnels piétonniers creusés dans la roche et à la vue sur l’Oberbauenstock et le Niderbauen Chulm, cette partie est pleine de charme.
Après le tunnel de Buggital, le sentier descend en lacets vers la rive du lac. Là se succèdent de petits coins tranquilles et de belles vues sur le lac bleu turquoise et le Gitschen, l’Uri Rotstock et le Schlieren en arrière-plan.
Voici enfin le restaurant Seebeizli, près du débarcadère de Tellsplatte. A quelques mètres se dresse la chapelle où Guillaume Tell se serait autrefois réfugié pour échapper au bailli Gessler. Après avoir dépassé le carillon, qui sonne tous les jours à partir de 9 h pendant les dix premières minutes de chaque heure, on rejoint la Tellsplatte. Le début du chemin de randonnée de montagne vers Unteraxen est un peu caché derrière un bâtiment. Ce sentier escarpé et ombragé traverse un sol forestier meuble.
Le but de la randonnée est le restaurant Ober Axen, qui sert des plats copieux. Le petit téléphérique pour quatre personnes (réservation conseillée) est parfait pour le retour. Lors de la descente vers «Flüelen, Gruonbach», le regard se pose à nouveau sur le lac d’Uri, où voiles et planches de surf dansent maintenant à contre-jour. Une conclusion pleine d’ambiance pour ce circuit varié.
N° 2348
Glovelier
— Pré-Petitjean
• JU
Au fil du Tabeillon dans les Franches Montagnes
C’est une balade jurassienne bercée par le doux murmure d’un ruisseau. Entre Glovelier et Le Prépetitjean, l’itinéraire suit le fil du Tabeillon. Dès la sortie du village, on quitte le bitume pour un large chemin blanc, souvent ombragé par les forêts traversées. La montée est douce, à peine perceptible. Durant la première moitié de l’excursion – accessible à toutes et tous – règnent le calme et les senteurs sauvages. On y admire les campanules et parfois on cueille quelques fraises des bois.
La suite du parcours devient plus spectaculaire. Entre la Côte du Droit et l’Envers de Bollement, le chemin s’enfonce dans une gorge gardée par un ancien moulin. Pourquoi un moulin ici? La réponse apparaît quelques centaines de mètres plus loin, lorsque l’on découvre une ancienne roue à aubes et, surtout, le somptueux étang de Bollement. Des panneaux didactiques expliquent que ce plan d’eau artificiel, créé au XVIe siècle, servait à produire l’énergie hydraulique nécessaire au travail du bois et des céréales. En aval de l’étang, des roues à aubes faisaient fonctionner des scieries et des moulins. Un peu plus loin, l’étang du Plain de Saigne raconte une histoire similaire. Si l’usage industriel de l’eau a disparu, ces plans d’eau nichés dans un écrin naturel enchanteur conservent aujourd’hui une grande valeur écologique.
Les derniers kilomètres, à travers les pâturages boisés typiques des Franches Montagnes, offrent un final apaisant. La petite gare du Pré-Petitjean permet de regagner Glovelier en train, pour clore cette belle boucle dans la nature.
N° 2347
Icogne, Les Vernasses
— Chermignon, Diogne
• VS
Quatre univers différents au Grand Bisse de Lens
Le Valais compte quelque 300 bisses encore en activité. Bon nombre de ces canaux d’irrigation traditionnels ont été construits au Moyen Age, dont le Grand Bisse de Lens. Ce cours d’eau constitue un bon exemple des différentes fonctions jouées par les bisses à l’ère contemporaine, notamment des fonctions agricole, patrimoniale et touristique. En termes de randonnée aussi, le Grand Bisse de Lens offre une palette étonnamment variée d’expériences.
L’excursion démarre à l’arrêt de bus «Icogne, Les Vernasses». La première partie de l’itinéraire emprunte un chemin idyllique tatoué de racines, qui serpente dans une végétation luxuriante. Attention à ne pas se tordre les chevilles, surtout si l’on est concentré sur un concours de petits bateaux! Après une demi-heure de marche environ, on atteint la partie la plus technique – et la plus spectaculaire – de la randonnée: l’aqueduc, littéralement accroché à la falaise, est flanqué d’un sentier escarpé et aérien, balisé en blanc-rouge-blanc. Certes sécurisé par des barrières et des cordes, ce passage exige néanmoins d’avoir le pied sûr.
Les personnes pour qui ce qui précède a constitué un défi sont récompensées pour leur courage lorsqu’elles parviennent au point 1029, là où le bisse marque un coude. Des bancs invitent à faire une pause prolongée et à admirer la vue panoramique sur la vallée du Rhône. A noter que des jumelles fixes égrenant les noms des sommets environnants ont été installées à cet endroit. L’itinéraire se poursuit et s’achève de façon plus paisible en direction de Chermignon-d’en-Bas. On évolue tantôt à découvert, tantôt à l’ombre des arbres. A plusieurs reprises, le sentier offre de belles vues sur la plaine en contrebas, où le Rhône ressemble à une version géante du bisse que l’on est en train de suivre. C’est un peu à contrecœur que l’on quitte le calme cours d’eau pour rejoindre l’arrêt de bus «Chermignon, Diogne», planté au bord de la bruyante route cantonale.
N° 2346
Forcola di Livigno
• GR
Vers les eaux turquoise du Lago Vago
Où que l’œil se pose, c’est un vrai bonheur, et l’itinéraire est varié et passionnant. C’est ce que promet ce circuit, surtout par une journée ensoleillée qui met en valeur les couleurs du lac et de la roche. La randonnée de montagne jusqu’au Lago Vago est facile, comme le trajet jusqu’au pied de la crête. Pour continuer, mieux vaut avoir le pied sûr et ne pas souffrir du vertige. Sur la crête sommitale, le terrain est praticable, mais assez exposé et il faut parfois se servir des mains.
L’excursion débute au col de la Forcola di Livigno et suit la frontière entre l’Engadine et la Valteline. Près de la borne frontière sur le col, on gravit le sentier vers le sud-est en passant devant la Madonna delle Acque pour rejoindre le Val dell’Orsera. Au point 2461, en Italie, le chemin bifurque et on prend à gauche. Les panneaux indiquent «Al Vach» et «Lach dal Vach» («Monte Vago» et «Lago Vago» en dialecte local). «Vach», du latin «vacuum», à savoir «vide», désigne le terrain désertique non cultivé propre à la région. Le nom italianisé «Vago» signifie «instable», à l’image d’une grande partie des pentes.
Après une montée raide, le sentier serpente vers le nord-est jusqu’au cirque du Monte Vago, où se niche le lac. Le sentier battu descendant vers la rive prouve que beaucoup veulent s’approcher de cette perle scintillante. Le chemin officiel passe au-dessus du lac, par des éboulis, jusqu’au pied de la crête du Monte Vago, au point 2906. On suit alors la crête rocheuse sur la droite et les balisages rouge-blanc-rouge jusqu’au sommet, où l’on peut laisser une trace de son passage dans le livre. La vue panoramique est fantastique: massif de la Bernina, haute vallée de Livigno, Ortler et Königsspitze. On revient par le même chemin. On pouvait autrefois passer la nuit à la Forcola di Livigno, mais ce n’est hélas plus le cas depuis quelques années.
N° 2345
Furka Passhöhe
— Realp
• UR
Partage des eaux au Gothard
A l’échelle mondiale, rares sont les lieux d’où l’eau coule vers trois mers différentes. L’un d’entre eux se situe dans le massif du Gothard, à 3025 mètres d’altitude, bien au-dessus de la cabane Rotondo, à la frontière entre les cantons d’Uri, du Valais et du Tessin. Lorsque la pluie tombe ici, elle finit sa course dans l’Adriatique, la Méditerranée ou la mer du Nord. En jargon technique, cet endroit est une «triple ligne continentale de partage des eaux».
Une randonnée de deux jours permet d’explorer ce lieu particulier. Elle débute au col de la Furka. De l’arrêt de car postal, le chemin mène vers le sud-est et la cabane Rotondo. Le long du parcours, les points de repère ne sont pas nombreux. Jusqu’à la cabane du CAS, à 2573 mètres, le sentier monte et descend constamment dans un paysage aride parsemé de nombreux ruisseaux et de petits lacs, ainsi que de quelques alpages escarpés où paissent yaks et bovins.
Le deuxième jour, une ascension raide passe par les lacs du glacier de Witenwasseren jusqu’au Hüenderstock. L’endroit est magique. Après l’ombre, la glace et la roche, voici la lumière chaude du sud et la vue sur le Val Bedretto. A partir d’ici, même si le chemin jusqu’à la ligne de partage des eaux est balisé en blanc et bleu, il est bien aménagé et praticable pour les randonneuses et randonneurs au pied sûr, ne souffrant pas de vertige. A l’arrivée au Witenwasserenstock se dresse une pyramide métallique.
Le retour passe à nouveau par le Hüenderstock le long de la crête jusqu’au col du Hüendersattel. Vient alors une descente jusqu’à l’immense plaine alluviale d’Im Tälli, en dessous de la cabane Rotondo. Si l’on dispose d’une journée supplémentaire, pourquoi ne pas passer une nuit de plus à la cabane? Sinon, on descend vers l’Alp Oberstafel, où le chemin débouche dans la vallée de la Witenwasserenreuss. On poursuit jusqu’à Realp, d’où un train part vers la vallée de Conches ou Andermatt.
N° 1300
Kreuzlingen Hafen
— Uttwil
• TG
Le lac de Constance au printemps
Le 12 février 1864, un épais brouillard recouvrait le lac de Constance. Les bateaux à vapeur «Jura» et «Stadt Zürich», qui effectuaient leur course habituelle entre Constance et Romanshorn, entrèrent violemment en collision. Le «Jura» coula en trois minutes, faisant une victime: le mousse. Un siècle plus tard, en 1976, Hans Gerber, un plongeur sportif, découvrit l’épave par 40 mètres de profondeur après des recherches minutieuses, devant Bottighofen. Aujourd’hui, le site subaquatique et archéologique est placé sous la protection du canton. L’épave doit être protégée contre les pillages et les dommages causés par des plongées inadaptées. Le «Jura» reste quand même le but de plongée le plus connu du lac. Hans Gerber, à lui seul, s’y est rendu 720 fois. La rive du lac, près de Bottighofen, est un bel endroit pour une balade printanière. Elle commence au port de Kreuzlingen et traverse le Seeburgpark, un parc naturel où se dresse une tour d’observation et paissent des vaches Highland. Jusqu’à Münsterlingen, le tronçon est bétonné par endroits et il faut composer avec les cyclistes avant de retrouver les sentiers en gravier qui permettent de longer la rive jusqu’à Uttwil en passant par Altnau, Güttingen et Kesswil. Chemin faisant, on fait le plein de belles vues sur le vaste lac et les montagnes, et l’on profite des lieux au bord de l’eau pour sa pause: foyers à grillades, pelouses ou restaurants, il y en a pour tous les goûts. Il est aussi possible de voir le «Jura» au cours de la balade puisque le chemin passe à côté du Musée du lac de Kreuzlingen, situé dans le Seeburgpark. On y admirera notamment la cloche du bateau, qui avait mystérieusement disparu et qui est tout aussi inexplicablement réapparue.
N° 0700
Stn. Scuol-Tarasp
• GR
Retour aux sources du tourisme thermal
Scuol a une longue tradition thermale. Une vingtaine de sources d’eau minérale jaillissent dans la région. On mentionne ce liquide convoité dès le XIVe siècle, avant même que le célèbre médecin Paracelse fasse connaître les eaux de Scuol dans toute l’Europe. La construction de la route durant la deuxième moitié du XIXe siècle a permis l’apogée du tourisme thermal. C’est en ce temps‑là qu’ont vu le jour la buvette (Büvetta)¹ et l’ancien établissement de cure de Bad Tarasp¹, auxquels nous accédons après 20 minutes de promenade au bord de l’Inn. La Büvetta, construite entre 1874 et 1876 par Bernhard Simon, est fermée à cause du danger d’éboulements, mais peut être admirée sans risque de l’autre rive. Tout près, on trouve l’établissement de cure ouvert en 1865. Ses deux ailes latérales recourbées et son parc lui donnent une allure de château. Il n’est donc pas étonnant que de nombreux hôtes éminents soient venus en cure de toute l’Europe - la reine Victoria aurait, entre autres, séjourné ici en 1870. L’immense bâtiment pouvait accueillir 300 curistes. S’il est actuellement vide, des projets de réaffectation sont toutefois en cours. Après avoir traversé l’Inn, notre itinéraire nous conduit à travers bois jusqu’à Tarasp, via Florins. Après être passés devant le château* que l’on voit de loin, emblème de la vallée, nous longeons deux lacs (Lai da Tarasp/Lai Nair) en amont. Notre balade nous fait passer par Vulpera et traverser les gorges de la Clemgia, à la fois romantiques et sauvages, avant de nous ramener à Scuol. De l’imposant pont (Punt Ota), on a une vue imprenable sur l’église réformée¹ du XVIe siècle, qui trône, majestueuse, sur une colline surplombant l’Inn.