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Pont primé dans le Val Sumvitg N° 2359
Runcahez Val Sumvitg — Surrein, vitg • GR

Pont primé dans le Val Sumvitg

Le pont d’Encardens, récompensé par le Prix Rando en 2026, sert surtout d’accès à la cabane Terri. Comme elle se trouve tout au fond du Val Sumvitg, dans un paysage aussi charmant que sauvage, elle est aussi une destination de randonnée qui vaut le détour. De juin à octobre, un bus alpin (réservation obligatoire) circule deux fois par jour de la gare RhB de Rabius-Surrein jusqu’au petit lac de barrage de Runcahez. De là, le chemin de randonnée remonte la vallée le long du Rein da Sumvitg. Grâce à la résistance des défenseuses et défenseurs de la nature à l’inondation du haut plateau de la Greina, le ruisseau de montagne se jette aujourd’hui encore à l’état naturel vers le Rhin antérieur. Au fond de la vallée, dans la région d’Encardens, il a taillé de belles piscines de granit qui offrent aux randonneuses et randonneurs un rafraîchissement bienvenu en plein été. Après une longue pause près du nouveau pont, on reprend en partie le même chemin jusqu’au passage de Clavaus, qui est également utilisé pour le bétail. Là, on change de rive et on descend tranquillement sur le versant gauche de la vallée. Soudain, un complexe hôtelier abandonné surgit de nulle part. Le Tenigerbad a vu le jour au XIXe siècle et a été fortement agrandi dans les années 1970, avant de faire faillite. D’autres points forts sur le chemin du retour sont le Punt pendenta, le pont suspendu qui enjambe un ruisseau latéral du Rein da Sumvitg, et l’Ustria Val Sumvitg, riche en traditions. Le dernier tronçon mène au-dessus d’une gorge sauvage jusqu’à Surrein, où l’on est surpris par l’architecture audacieuse de l’habitation de Simon Jacomet, un designer de skis et artiste local. Depuis le centre du village, un bus retourne à la gare; alternativement, il faut 20 bonnes minutes de marche pour rejoindre l’autre versant de la vallée.
Circuit du lac de montagne à la cascade N° 2391
Lauenensee • BE

Circuit du lac de montagne à la cascade

Le circuit de randonnée aller-retour du lac de Lauenen à la cabane Geltenhütte CAS comprend un petit lac tranquille, des cascades tonitruantes et un paysage alpin impressionnant. Depuis l’arrêt de bus Lauenensee, il faut d’abord suivre le chemin de randonnée balisé en jaune en direction du lac de Lauenen. Le petit détour au début de la randonnée en vaut la peine: niché entre les marais et les prairies, le lac limpide reflète les sommets des environs. L’itinéraire 307 de SuisseMobile vers le sud-ouest est alors emprunté sur un court tronçon. On le quitte dès que la montée commence, en restant à gauche à l’orée de la forêt. Un chemin non balisé retourne quelques mètres en arrière, au ruisseau Gältebach, où il débouche sur un chemin de randonnée de montagne balisé en blanc-rouge-blanc. Il faut maintenant suivre la signalisation en direction de Geltenhütte CAS. Le chemin monte dans la vallée, en restant toujours à portée de vue et d’ouïe du Gältebach. À Im Ture, une première cascade donne un avant-goût de ce qui attend les randonneuses et randonneurs. Enfin, l’un des points culminants de la randonnée se révèle: la cascade Gälteschutz. D’énormes masses d’eau se précipitent ici dans le vide, sur une hauteur de 180 mètres. Entouré de prairies en fleurs multicolores et d’imposantes parois rocheuses, un décor spectaculaire se déploie. Il est d’autant plus frappant après la fonte des neiges. Sur le flanc de montagne adjacent à la Gälteschutz, le chemin se fait plus raide et plus rocheux. Il faut donc avoir le pied sûr. À 2002 mètres d’altitude, la Geltenhütte CAS se présente enfin et invite à faire une halte au cœur de la réserve naturelle de Gelten-Iffigen. La cabane est située au pied du Hahneschritthore, avec vue sur le Wildhorn, le Geltenhorn et l’Arpelihore. Le chemin du retour est varié et longe l’autre côté de la vallée. Il passe par Gältetrittli et Tungeltrittli jusqu’à Vorschess, où un virage serré débouche sur un chemin de randonnée balisé en jaune qui ramène au lac de Lauenen. La randonnée peut se clore en admirant encore une fois la deuxième grande cascade de ce circuit, la Tungelschutz. Elle capte les eaux des zones du Stieretungel et du Chüetungel et se jette sur des falaises abruptes dans le ruisseau Tungelbach.
Le sommet du Gibel: Du spectacle sans difficulté N° 2292
Käserstatt • BE

Le sommet du Gibel: Du spectacle sans difficulté

Grâce aux remontées mécaniques de Meiringen-Hasliberg, cette petite randonnée à 2000 m d’altitude est facilement accessible à une très grande majorité de randonneurs. Le chemin est principalement balisé en blanc-rouge-blanc, mais il ne présente vraiment aucune difficulté. A partir de l’arrivée du téléphérique, la balade commence par une légère descente en direction de Vordere Staffel. Au point 1777, attention à ne pas suivre la route, mais à bien prendre le joli sentier qui part à gauche pour traverser une zone naturelle. Grâce à l’aménagement de passerelles en bois, les passages marécageux ne présentent pas le moindre problème. On peut pleinement apprécier la vue sur les sommets bernois culminant à plus de 4000 mètres et sur le lac de Brienz. Après la traversée du petit hameau de Vordere Staffel, on attaque tranquillement la montée, d’une heure environ. Peu avant le sommet, au point 1976, on peut, en s’éloignant de quelques mètres sur la gauche, rejoindre une aire aménagée avec deux bancs et qui offre une magnifique vue plongeante sur le lac de Brienz. Pour continuer, ne pas prendre la direction « Käserstatt 1h », mais « Gibel Pt. 2036 15 min ». Ainsi, en faisant un détour de quelques centaines de mètres dans le canton d’Obwald, on peut découvrir le somptueux lac de Lungern, puis accéder au sommet du Gibel. Là, des bancs sont à nouveau proposés, face aux sommets (Eiger, Mönch, Wetterhorn, …) et aux glaciers (Hengsteren, Rosenlouwi, ...). Pour le retour, il n’y a plus qu’à se laisser descendre. Le sentier est agréable et traverse notamment des pâturages dans lesquels poussent de très nombreuses fleurs. A l’arrivée, la terrasse du restaurant de montagne de Käserstatt nous tend les bras !
La crête du Scheidegg depuis Isenthal N° 2291
Isenthal, Dorf • UR

La crête du Scheidegg depuis Isenthal

Isenthal est un petit village uranais de 500 habitants, posé à 771 mètres d’altitude entre des montagnes spectaculaires. Ce sera le point de départ et d’arrivée de notre balade sur le Scheidegg, cette petite chaîne de rochers qui offre des points de vue exceptionnels. En direction de l’ouest, les premiers pas se font sur la route qui quitte le village en direction du Grosstal. Mais rapidement un sentier permet de s’élever sur la droite. D’abord assez douce, la pente devient ensuite plus raide. En regardant sur la gauche, on aperçoit la chaîne de montagnes qui fait frontière entre les cantons d’Uri et de Nidwald, avec notamment le Chaiserstuel et le Hoh Brisen. Après un peu plus d’une heure de marche, on arrive sur un replat : l’Oberre Furggelen, sorte de petit col à partir duquel on découvre pour la première fois le lac d’Uri. On se remet à monter, dans une forêt d’épineux assez dense. Toujours plus caillouteux, le sentier attaque alors la crête du Scheidegg, se faufilant entre de nombreux pins qui nous plongent dans une ambiance méditerranéenne. Environ deux heures après avoir quitté Isenthal, on atteint le point le plus haut à 1413 mètres. Entre les arbres, on admire au sud ces magnifiques sommets que sont le Brunnistock, l’Urirotstock ou le Schlieren. Pour la deuxième moitié de notre randonnée, on longe la crête en direction de l’est, ce qui nous permet de découvrir, toujours mieux, le lac d’Uri (extrémité du lac des Quatre-Cantons). Entre le bleu de l’eau, le vert des pins et le blanc des montagnes avoisinantes, le spectacle est total. Au loin, on aperçoit Altdorf, le chef-lieu du canton d’Uri. Enfin, à partir d’Oberbärchi, on redescend dans la vallée, en appréciant encore la magnifique vue sur le village d’Isenthal dans son écrin de montagnes. Le sentier est bien balisé, pas dangereux, pas vertigineux, mais quand même assez exigeant. Ne pas oublier d’emporter assez d’eau, car il n’y en a pas sur les hauteurs.
Les reptiles de la vallée de Schenkenberg N° 2334
Schinznach Dorf, Oberdorf — Thalheim AG, Dorfplatz • AG

Les reptiles de la vallée de Schenkenberg

Discrète, la vallée argovienne de Schenkenberg se trouve derrière la première chaîne du Jura, entre Aarau et Brugg. Malgré sa proximité avec le Plateau, elle semble déjà loin de l’agitation du monde. A basse altitude, les champs, les prairies et les vignobles se déploient, tandis que les collines les plus escarpées sont boisées, offrant ainsi un circuit de randonnée varié. Depuis Schinznach Dorf, le circuit historique inauguré en 2022 monte à travers la montagne, entre la forêt et les vastes vignobles. Cette partie de la randonnée est aussi le tronçon le plus propice à l’observation de lézards. Par beau temps, les lézards des murailles aiment se prélasser sur les longs murs en pierres sèches, parfois érigés récemment, tandis que les lézards des souches préfèrent rester dans la végétation. Ces derniers, en particulier, sont tributaires de la création de tels habitats par l’être humain, car les effectifs de nombreuses populations ont largement chuté en raison de l’agriculture intensive. Sur les hauteurs de Buechmatt, les premières belles vues dégagées s’offrent sur toute la vallée de Schenkenberg. La randonnée traverse ensuite la forêt sur quelques kilomètres, en direction du sud-ouest. Un peu avant le col de Staffelegg, qui fait le lien entre Aarau et Frick, la randonnée retourne vers l’est. Elle évolue la plupart du temps sur d’agréables routes de gravier à travers champs et à l’orée de forêts en direction de Thalheim. Les impressionnantes ruines du château de Schenkenberg trônent sur une colline boisée au milieu de la vallée. Construit au XIIIe siècle par les Habsbourg, il est tombé en ruine au XVIIIe siècle. Aujourd’hui, il est classé monument historique d’importance nationale. Pour le retour, il suffit de prendre le bus près de la grande fontaine, sur la place du village de Thalheim.
Côté nature et côté ville N° 2311
Russin — Genève • GE

Côté nature et côté ville

Cette randonnée permet de découvrir la région genevoise dans toute sa diversité: nature, transports, rivières, sentiers forestiers enchantés et, enfin, le joyeux tumulte de la ville. Mais une chose après l’autre. C’est à Russin que l’on emprunte le chemin de randonnée. Il quitte la gare, traverse des vignes puis passe par le mur du barrage de Verbois. On entend parfois les avions au-dessus de soi et on s’arrête peut-être pour en apercevoir un. À Aire-la Ville se trouve l’excellent Café du Levant. On s’approche ensuite du pont de l’autoroute qu’il faut traverser. Dans la réserve naturelle du Bois des Mouilles, une passerelle en bois permet de rejoindre un étang très photogénique. La région se dévoile ici sous un jour charmant et le vert des feuilles printanières brille dans les parcelles boisées. La forêt d’Onex et ses sentiers sinueux ont un aspect féérique. On retrouve ici le Rhône, que l’on suit sur le sentier du même nom en direction de Genève. À côté du cimetière Saint-Georges, le plus grand de la ville depuis 1880, un petit parc aux animaux et le sympathique Café de la Tour permettent de faire une halte. Après les derniers escaliers, voici soudain le cœur de la cité, ses cafés, son offre culturelle et son histoire.
Nature idyllique et carrière aux abords de La Sarraz N° 2327
Ferreyres, village — Eclépens, gare • VD

Nature idyllique et carrière aux abords de La Sarraz

Au Mormont, deux mondes s’entrelacent: une nature impressionnante côtoie l’histoire industrielle contemporaine. Au pied de la colline, on extrait en effet de la roche qui servira ensuite à fabriquer du ciment. Depuis l’arrêt de bus «Ferreyres, village», l’itinéraire descend en pente douce. On traverse ensuite la Venoge. En arrivant à une jonction avec la route, il faut longer celle-ci sur quelques dizaines de mètres avant d’accéder à un parking. Des panneaux indiquent la Tine de Conflens, un ensemble de cascades très impressionnantes au printemps. Le site est couru: mieux vaut y aller un jour de semaine, ou tôt le matin. Après avoir suivi l’itinéraire forestier, on tombe sur la friche industrielle de la Filature, une ancienne fabrique en activité de 1871 à 1977, reconvertie aujourd’hui en centre artisanal et culturel. Il faut ensuite traverser la commune de La Sarraz en direction de la gare ferroviaire. Puis on emprunte le chemin des Vignes jusqu’au village d’Eclépens. Après une petite demi-heure, on atteint la carrière exploitée par Holcim pour produire du ciment. Plusieurs cabanes sont destinées aux randonneuses et randonneurs en cas de tir de mines, une action qui permet d’extraire la roche. Un service gratuit d’information par SMS alerte 15 minutes avant chaque tir. Il faut contourner la carrière pour rejoindre la forêt et arpenter le reste de la colline. Le parcours passe ensuite par un chemin non balisé et non entretenu jusqu'au canal d’Entreroches, creusé au XVIIe siècle pour relier un réseau de canaux entre la mer du Nord et la Méditerranée, un projet resté inabouti. Au début du printemps, on peut encore aller voir le parc naturel des Jonquilles, à 400 mètres du canal en direction de l’est, qui est mentionné sur Google Maps. On rejoint ensuite aisément la gare d’Eclépens.
Sur la crête du Fringeliberg N° 2362
Bärschwil, Dorf • SO

Sur la crête du Fringeliberg

Bärschwil se trouve dans une cuvette, au sud de Laufon et au nord d’un contrefort jurassien. La localité est entourée de douces collines boisées, qui se parent de couleurs éclatantes à l’automne. L’une d’entre elles est le Fringeliberg, le but de cette randonnée. En 1557, la chaîne de montagnes fut achetée par un bourgeois de Soleure, Andreas Fringeli. Depuis, elle porte son nom dans le langage populaire. Aujourd’hui encore, des Fringeli vivent à Bärschwil. L’itinéraire quitte rapidement le petit village soleurois pour monter à travers un pâturage, en passant devant Bützi. S’ensuit une ascension raide dans la forêt. Ici, la prudence s’impose: sous les feuilles mortes, le terrain accidenté peut aussi être humide et glissant. Il faut avoir le pied sûr et de bonnes chaussures. Sur la droite, des falaises calcaires s’élèvent à la verticale entre les cimes colorées. Enfin, le chemin quitte la forêt. Il faut alors un instant pour s’orienter, car le sentier se perd dans l’herbe. En suivant la signalisation, on constate que le chemin de randonnée coupe tout droit dans la prairie jusqu’au hameau de Vögeli. Sur un sentier de marne, on monte tranquillement le versant avec vue sur la Roti Flue. Enfin, le chemin de randonnée tourne à gauche et mène au Rechtenberg, une section du Fringeliberg. Une jolie place de pique-nique se trouve en haut, près de la maison des Amis de la Nature. La randonnée se poursuit ensuite sur la crête. La roche blanche ressort entre les feuilles de hêtre rouges. Ce tronçon présente lui aussi un risque de glissade et de trébuchement en automne. L’endroit est quasi désert et offre des vues fantastiques sur le Schwarzbubenland, la Forêt-Noire, les Vosges et le val Terbi. Après un certain temps, le chemin de randonnée bifurque à gauche en direction d’Ober Fringeli. De là, la descente est raide: d’abord à travers la forêt, puis sur des terres agricoles, avant de passer devant la ferme Hasel et d’arriver bientôt au cœur de Bärschwil.
Les chapelles de l’arrière-pays lucernois N° 2361
Hellbühl, Post — Buttisholz, Dorf • LU

Les chapelles de l’arrière-pays lucernois

Contrairement aux randonnées classiques, surtout entreprises quand le soleil brille pour profiter de la vue, certains itinéraires peuvent être empruntés même par mauvais temps. C’est le cas du parcours des chapelles lucernois (Luzerner Kapellenweg). Il est bordé de nombreuses églises et chapelles qui donnent un aperçu vivant de l’architecture sacrée de l’arrière-pays lucernois, tout en offrant une protection contre les intempéries. Le parcours, pour lequel il faut compter plus de cinq heures, démarre à Hellbühl et s’achève à Ettiswil. En cas de journée humide et brumeuse, il est possible de le raccourcir. Il est alors conseillé de parcourir la première moitié de l’itinéraire. Cette proposition de randonnée commence par la seule montée notable de l’itinéraire: de Hellbühl, le chemin grimpe sur 100 mètres de dénivelé jusqu’à Hueb. Peu après, il atteint le point culminant de l’itinéraire avec la chapelle St. Katharina, à Under Herreweg. A partir de là, la randonnée évolue généralement à plat en direction de Buttisholz via Ruswil, St. Ulrich et St. Ottilien. Le parcours des chapelles traverse la vallée du Rottal, ponctuée de douces collines et soumise à une agriculture intensive. La région se caractérise par ses champs de blé, ses prairies et ses pâturages. Le revers de cette jolie médaille: la plupart des fermes sont desservies par de petites routes. Le trafic est certes faible, mais cet état de fait reste néanmoins peu agréable pour la randonnée: plus de la moitié du parcours est recouverte d’un revêtement dur. Heureusement, les tronçons bitumés sont entrecoupés de passages à l’état naturel. La partie entre Rüediswil et Buttisholz est particulièrement attrayante. C’est aussi là que se trouve la chapelle de pèlerinage St. Ottilien. Avec sa forme octogonale et sa silhouette délicate, elle est un joyau exceptionnel parmi les édifices religieux de Suisse.
Randonnée minérale au Fallerfurgga N° 2360
Avers, Juf — Mulegns • GR

Randonnée minérale au Fallerfurgga

Les Alpes suisses sont des montagnes relativement jeunes à la structure extrêmement complexe, composée de roches d’origines diverses. Au fil du temps, les roches ont été plissées, découpées et, en de nombreux endroits, fondues et déformées comme si elles étaient passées au four. L’un des endroits les plus intéressants pour admirer cette diversité de roches et de structures est la zone du Fallerfurgga, située entre Juf et Bivio, dans le sud-ouest des Grisons. Au départ de Juf, l’itinéraire emprunte de vastes prairies et pâturages jusqu’au col du Stallerberg. La montée jusqu’au Fallerfurgga borde les pittoresques lacs Flüeseen, avec une végétation de plus en plus clairsemée et une grande diversité des roches. Sur la gauche, le domaine du Mazzaspitz est principalement constitué de serpentinite, de calcaire, de schiste argileux et de métabasalte. Le Piz Surpare, sur la droite, a une composition encore plus variée, avec de la métarhyolithe, de la radiolarite, de la dolomite, du schiste argileux, de la phyllite et de la serpentinite. On pourrait passer des heures à former une collection de pierres aux couleurs magnifiques, aux formes singulières et aux structures mystérieuses. Depuis le col, la descente dans le long Val Bercla traverse de gros éboulis, qui ne présentent pas de difficultés majeures. Les personnes qui désirent faire une longue pause dans un endroit calme et idyllique peuvent, si le débit du ruisseau n’est pas trop important, rejoindre le Lai Neir par un terrain facile et dépourvu de sentiers. Après environ 900 mètres de descente depuis le Fallerfurgga, l’itinéraire mène au Val Faller, avec ses prairies plates et verdoyantes, et le petit hameau de Tga. Il se termine sur des chemins de randonnée et des routes forestières traversant ce même val jusqu’à l’arrêt du car postal à Mulegns.
Randonnée gourmande à travers Lausanne N° 2358
Lausanne, Lac Sauvabelin — Lausanne • VD

Randonnée gourmande à travers Lausanne

Le canton de Vaud se découvre en une journée, d’un point de vue gourmand tout au moins. Un parcours dans son chef-lieu, Lausanne, permet de goûter au fromage des Alpes vaudoises de la fromagerie Macheret, à la bière du Jorat du magasin La Mise en Bière ou encore aux filets de perche du Léman à la Brasserie de Montbenon, sur la belle esplanade du même nom. Le bus dépose randonneuses et randonneurs à l’arrêt «Lausanne, Lac Sauvabelin». Près du petit lac se dresse la tour de Sauvabelin. On gravit ses 151 marches pour admirer la vue panoramique sur presque toutes les régions du Pays de Vaud puis on passe dans la forêt pour rejoindre le parc de l’Hermitage. Au château Saint-Maire, on parvient à la vieille ville et, très vite, à la cathédrale Notre-Dame. Les escaliers du Marché mènent à la place de la Palud. Que l’on se balade dans la vieille ville ou dans le quartier moderne du Flon, les découvertes culinaires ne manquent pas. Le parcours de randonnée balisé contourne le nœud central du Flon et renoue avec le calme sur l’esplanade de Montbenon. En suivant le chemin des Croix-Rouges et en traversant les voies ferrées, on rejoint le petit vignoble du Languedoc, puis on suit les chemins de Bon-Abri et du Couchant jusqu’à la vallée de la Jeunesse. Créé pour l’Expo 64, ce parc, avec ses parterres de roses en terrasses, son toit en béton incurvé et ses aires de jeux, mérite le détour. On poursuit vers le lac que l’on longe jusqu’à Ouchy, où l’on bifurque vers la promenade de la Ficelle. Ce nom était celui donné au funiculaire qui transportait autrefois matériel et passagers vers le quartier industriel du Flon et qui a été remplacé par le métro. Au boulevard de Grancy, près de la gare centrale, un détour par la boulangerie Monco’Pain s’impose pour goûter une tarte à la raisinée, à base de jus de pomme ou de poire concentré provenant du Jura vaudois et du nord du canton.
Sur les traces d’un des plus célèbres peintres vaudois N° 2357
Mézières VD, village — Moudon • VD

Sur les traces d’un des plus célèbres peintres vaudois

Eugène Burnand est l’un des rares artistes suisses à avoir connu le succès de son vivant et à avoir pu vivre de ses œuvres. Il était célèbre dans toute l’Europe et a habité tour à tour à Versailles, Florence, Montpellier et Paris, où il mourut en 1921. Il a toutefois été enterré à Vulliens, dans le Jorat. Cette randonnée passe près de sa tombe. Suivre les traces d’Eugène Burnand en Suisse fait traverser un paysage parsemé de fermes imposantes, construites en pierre et pour la plupart bien conservées, de grandes étables, de vastes champs et, en automne, d’immenses tas de betteraves sucrières. Ces lieux, l’artiste les peignait déjà au XXe siècle dans un style réaliste, ainsi que les personnes qui travaillaient dur avec des moyens modestes. Aujourd’hui, on utilise des machines, raison pour laquelle de nombreux chemins de cette randonnée sont asphaltés. Cela n’enlève rien à ce circuit culturel qui a l’avantage d’être praticable même par temps pluvieux. On part de Mézières, dans le canton de Vaud, on traverse la rivière du Carrouge et on monte vers les hauteurs, d’où l’on aperçoit bien les chaînes de collines. Après Vuillens, on arrive à Seppey. C’est dans un château de ce hameau qu’Eugène Burnand a vécu et travaillé pendant la Première Guerre mondiale. C’est ici aussi qu’il a réalisé l’une de ses œuvres majeures, «Labour dans le Jorat». Elle représente deux hommes avec une charrue tirée par deux vaches et un cheval. Sur la droite du tableau, on reconnaît le petit village de Syens. On atteint bientôt la Broye, que l’on longe jusqu’à Moudon. Un musée, qui n’ouvre que quelques jours par semaine, est consacré au grand peintre dans la Ville-Haute de Moudon.
Marcher et observer à La Sauge N° 2356
Sugiez — Cudrefin • VD

Marcher et observer à La Sauge

Cette proposition est une sorte de poupée russe, puisqu’elle comporte une randonnée dans la randonnée. Sur 10 kilomètres, la balade de base mène de Sugiez, dans le Vully fribourgeois, à Cudrefin, village vaudois situé au bord du lac de Neuchâtel. A mi-chemin, elle invite à quelques pas supplémentaires pour visiter le Centre-Nature de La Sauge. Au cœur de la région des Trois-Lacs, la randonnée principale commence par longer le canal de la Broye. Parfaitement plat, le sentier serpente entre prairies et roselières jusqu’à La Sauge. Ensuite, le chemin s’enfonce dans la Grande Cariçaie, la plus vaste réserve naturelle lacustre de Suisse, véritable joyau écologique qui borde la rive sud du lac de Neuchâtel. On y perçoit le bruissement des roseaux et le chant des oiseaux. Avec un peu de chance, on peut observer quelques spécimens. Enfin, à l’approche de Cudrefin, on rejoint le bord de l’eau, avec quelques plages et places de pique-nique à disposition. A La Sauge, moyennant le paiement d’une entrée, il est possible d’ajouter 500 mètres de balade pour encore mieux observer la faune et la flore. Le parcours du Centre-Nature BirdLife est notamment équipé de quatre observatoires abrités et munis de bancs. Depuis 2001, plus de 200 espèces d’oiseaux y ont été recensées. La présence de martins-pêcheurs, d’aigrettes blanches ou de hérons est quasi permanente. Outre les oiseaux, les mares du centre permettent également de suivre les évolutions de castors, de grenouilles et d’une multitude d’insectes et de petits animaux aquatiques. Selon la patience de chacun, le centre se visite en quelques minutes ... ou en de longues heures! Comptez environ 1 h 30 en moyenne.
Le Chablais, pays de châtaignes N° 2355
Ollon VD — Le Bévieux • VD

Le Chablais, pays de châtaignes

Dans certaines régions de montagne, les châtaignes étaient autrefois à la base du régime alimentaire. Les châtaigneraies sont aujourd’hui à nouveau entretenues et reboisées. Vers la fin octobre, les fruits mûrs tombent, par exemple sur le trajet de la randonnée d’Ollon à Bévieux. Du vert au rouge profond, en passant par le jaune et l’orange: dès la sortie du village d’Ollon, les vignobles se déploient et la vue s’ouvre sur la vallée du Rhône. Le chemin traverse ensuite une forêt dont la lisière est parsemée de sculptures en bois. C’est là que les boules épineuses et les longues feuilles dentelées se mêlent pour la première fois aux feuilles de chêne et de hêtre: un châtaignier. De nombreux parapentes tournent dans le ciel. Le hameau d’Antagnes s’étire le long de la route principale. Des maisons modernes en verre avec piscine succèdent aux vieilles bâtisses en bois brun foncé. Après un nouveau passage pittoresque à travers les vignobles, le chemin arrive au fond de la vallée puis, un peu plus loin, aux mines de sel de Bex. Celles-ci peuvent être explorées lors d’une visite guidée. Après une courte montée, la vue s’ouvre sur une châtaigneraie: à côté d’arbres noueux ancestraux se trouvent de jeunes plants de taille moyenne, récemment mis en terre avec des tuteurs. Plusieurs communes du Chablais participent à des projets de reboisement et le canton de Vaud soutient la préservation et l’entretien de la culture de châtaigniers. Mais attention: les arbres appartenant à des particuliers, le ramassage de masse n’est pas autorisé. Le chemin continue à grimper jusqu’à Fenalet-sur-Bex. L’ancien centre du village se compose de maisons en bois flanquées de jardins potagers et de jolies tonnelles. L’itinéraire traverse les vignes une troisième fois, cette fois-ci sur un chemin escarpé en revêtement dur. Après un court passage en forêt, la destination du jour est atteinte à Bévieux, l’actuel site principal d’extraction industrielle du sel.
Valle di Campo, sauvage et romantique N° 2320
Campo (VMaggia), Paese — Linescio, Paese • TI

Valle di Campo, sauvage et romantique

Cette belle randonnée dans la charmante Valle di Campo s’accompagne du murmure constant de la rivière Rovana di Campo. Elle part de Campo (Vallemaggia), village connu pour ses rustici typiques. Au début, petites routes et chemins forestiers alternent. À Piano di Campo, le chemin descend à droite par un escalier vers l’Alpe d’Arnàu. Le grondement d’une cascade se fait de plus en plus présent et bientôt, la voici, impressionnante, devant soi. Le chemin traverse ensuite des villages historiques, des forêts de feuillus et des châtaigneraies ombragées. On voit régulièrement les gorges profondes, presque effrayantes, de la vallée. À Niva, on accède à une route goudronnée par un vieux pont en pierre. Un bon kilomètre plus loin, le chemin passe d’abord par un petit pont, puis bifurque à gauche dans la forêt. Une fois de beaux paysages en terrasses dépassés, on atteint Collinasca après une forte montée. Un bref rafraîchissement à la fontaine du village, puis la descente se poursuit dans la vallée par des prairies et des forêts. Encore une pente raide le long de murs et de vieux jardins avant la destination, le village de Linescio, connu pour ses paysages en terrasses et ses plus de 25 km de murs de pierres sèches.
De château en château sur La Côte N° 2354
Rolle — Prangins, Musée national • VD

De château en château sur La Côte

Les Romains cultivaient déjà la vigne le long de la moraine formée par le glacier du Rhône au bord du lac Léman. Du château de Rolle, le chemin grimpe à flanc de coteau jusqu’au vignoble de La Côte, l’un des plus vastes de Suisse avec près de 2000 hectares. Jusqu’à Bugnaux, point culminant du parcours, on passe devant les châteaux Le Rosey et de Chatagneréaz, sur des chemins largement asphaltés comme souvent dans les vignobles vaudois. La vue sur les vignes, le lac et les Alpes savoyardes, avec le Mont Blanc en toile de fond, récompense les efforts. Le chemin passe par le château de Vincy à Gilly pour rejoindre Bursins, village du conseiller fédéral Guy Parmelin, où l’on trouve deux châteaux et deux auberges de campagne typiques où déguster un verre de chasselas. Le parcours se poursuit dans les vignes vers l’ouest et par les deux châteaux de Vinzel jusqu’à Luins. Un petit détour derrière le mur du château donnant sur la route est conseillé, surtout lorsque la salle de dégustation est ouverte. Le chemin monte légèrement vers Begnins, le village à la plus forte concentration de châteaux. Le manoir de Cottens, situé au cœur du village, à la façade représentative, est bien visible depuis le chemin comme de la route. Le château de Menthon et le château de Martheray, eux, se dissimulent aux regards. De Begnins, on descend vers la rivière de la Serine puis on passe sur des chemins naturels, à l’abri d’étroites bandes boisées. Durant la Seconde Guerre mondiale, l’armée construisit ici une ligne de défense. Des «Toblerones» en béton et un sentier didactique sont présents le long du chemin menant au Léman. Sur la gauche, un terrain de golf est aménagé sur le domaine des villas des descendants de Napoléon. Une pause à la buvette de la plage de Promenthoux s’impose avant la dernière montée jusqu’à la dépendance romande du Musée national, au château de Prangins.
Villages de montagne de la Surselva N° 2319
Andiast, vitg — Ruschein • GR

Villages de montagne de la Surselva

La Surselva ne manque pas d’activités de loisirs, dont la randonnée. L’une d’entre elles relie Andiast à Ruschein, d’abord sur des routes forestières qui deviennent par endroits des sentiers plus étroits et traversent des zones ombragées où coulent de petits cours d’eau. En montant en pente douce, on passe près de l’aire de grillades de Plaun Asch puis, peu après, on change de versant par un pont en bois surplombant le Schmuér tumultueux. Après une brève montée, on suit la route vers Pigniu. On peut faire une halte à l’Ustria Alpina et profiter de la vue tandis que les cloches de vaches et des chapelles résonnent dans la vallée. On bifurque ensuite dans la forêt pour monter au point culminant de l’itinéraire. La forêt s’éclaircit, offrant une vue splendide sur les Alpes de l’Adula. On rejoint Siat par des routes de gravier. À l’entrée du village se dressent les ruines du château de Friberg. Un jardin d’escalade, une place de jeux et un foyer y sont installés. Autres lieux d’intérêt: l’Ustria Steila de l’architecte Gion A. Caminada, l’église Sogn Glieci et le magasin bio Termun. Avant d’achever la randonnée à Ruschein, on a encore droit à de belles vues sur la vallée, où coule le Rhin sauvage.
Sommet panoramique en Appenzell N° 2318
Urnäsch — Bächli, Dorf • AR

Sommet panoramique en Appenzell

Un vaste panorama et une auberge de montagne pour récompenser les efforts d’une ascension même pas trop difficile? C’est ce qu’offre cette randonnée. On quitte Urnäsch et ses maisons peintes de motifs traditionnels pour monter lentement, mais sûrement, le long de l’itinéraire 44, l’Appenzellerweg, de «La Suisse à pied», d’abord dans le village puis près de belles fermes et par des tronçons de forêt ombragés. Voici déjà le panorama qui, par temps dégagé, s’étend de l’Alpstein au Rigi en passant par les Churfirsten. On voit aussi le Pilate et le lac de Constance. Les sommets se dressent majestueusement au-dessus des chaînes de collines de l’Appenzell et du Toggenburg. Depuis Tüfenberg, on suit les indicateurs vers le Hochhamm, où l’on va grimper. En haut, de petits bancs invitent à une halte que l’on peut aussi faire, quelques mètres plus bas, à l’auberge de montagne surtout ouverte les week-ends de beau temps. Sur sa place de jeu, un siège qui faisait autrefois partie du télésiège entre Schönengrund et le Hochhamm est devenue une balançoire qui promet de bons moments. On redescend ensuite vers le hameau de Bächli, où circule un bus, mais pas très souvent. Il faut donc bien planifier le retour.
Sur les traces des Romains à Bâle N° 2352
Basel Dreispitz — Basel SBB • BS

Sur les traces des Romains à Bâle

Le nom Basilia apparaît pour la première fois en 374 apr. J.-C. Dans la vieille ville du Petit-Bâle actuel, l’empereur romain Valentinien a fait ériger un munimentum, un ouvrage de défense pour sécuriser la frontière. Autour de la Rheingasse, des objets datant de cette époque ont été découverts, notamment de la vaisselle en céramique. De l’autre côté du Rhin, sur la colline de la cathédrale, se trouvait un camp romain protégé par un mur d’enceinte. La randonnée qui explore les racines romaines de Bâle traverse la ville et commence par les jardins Merian, un immense parc avec différents espaces verts. Après cette oasis colorée, la vie bat son plein au Parc Saint-Jacques, plus grand stade de football de Suisse et antre du FC Bâle. Sur les murs en béton qui longent la Birse, plus d’une personne a immortalisé son amour pour le club de football. La rivière sépare Bâle de Birsfelden, et le canton de Bâle-Ville de Bâle-Campagne. Ses rives semblent étonnamment sauvages. Au niveau du parc Birsköpfli, la Birse rencontre le Rhin, qu’il faut suivre jusqu’au pont Wettsteinbrücke. Avec une vue imprenable sur la cathédrale, l’itinéraire traverse le fleuve pour rejoindre le Petit-Bâle et la Rheingasse. Le Mittlere Rheinbrücke ramène au Grand-Bâle jusqu’à Schifflände. Non loin de la cathédrale, l’emblème du Grand-Bâle, on peut admirer les vestiges de l’enceinte romaine avant de traverser le centre animé en passant par la Marktplatz, la Barfüsserplatz, la Heuwaage et le zoo jusqu’aux portes de la Markthalle historique. Dans cette ancienne halle de marché, des stands de restauration du monde entier invitent à une conclusion culinaire du circuit. La gare CFF n’est alors plus très loin. Durant cette randonnée, il est conseillé d’afficher l’itinéraire dans l’application Swisstopo grâce au code QR au verso et de l’utiliser pour la navigation. Dans l’océan de couleurs de la grande ville, on a vite fait de rater les indicateurs de direction.
Au printemps près du canal de Sankt Alban N° 2316
Münchenstein — Basel, Kunstmuseum • BS

Au printemps près du canal de Sankt Alban

De Münchenstein, le chemin longe la Birse. Peu après, l’eau est retenue pour la production d’électricité et l’alimentation du canal de Sankt Alban. En suivant celui-ci, nommé «Dalbedyych» en dialecte bâlois, sur un sentier non balisé comme chemin de randonnée, on arrive au domaine historique de Brüglinger-hof en passant entre les petits lacs du Park im Grünen. Le sentier entre ensuite dans les jardins Merian, où l’on admire la plus grande collection historique d’iris d’Europe. Les fleurs y brillent de toutes les couleurs. Peu après, on rejoint le canal artificiel. Créé il y a près de 900 ans, son eau permettait d’actionner les moulins de Bâle. Son énergie hydraulique servait à la fabrication de papier et fit de la ville, au XVe siècle, le centre de l’imprimerie et de l’humanisme. Des murs couverts de mousse et des arbres cente-naires bordent le chemin, en cours de réaménagement pour regagner un aspect plus naturel. Après le Schwarzpark et ses daims, voici le quartier historique bâlois de Sankt Alban. Entre les vieux murs de molasse, l’eau disparaît dans la roue du moulin qui cliquette. Ici s’achève la randonnée, le long du Rhin, après une promenade urbaine variée, riche en couleurs, en parfums et en histoire.
Le sentier muletier du Susten N° 2351
Gadmen, Saageli — Steingletscher • BE

Le sentier muletier du Susten

Dans l’histoire, le col du Susten n’est jamais devenu un axe commercial important, même si de tels projets existaient. Au début du XIXe siècle, les cantons d’Uri et de Berne voulaient construire une route de communication pour promouvoir le commerce du fromage. Mais le projet n’a jamais été achevé, car la priorité a soudain été donnée au Grimsel et au Gothard. Aujourd’hui, l’ancien chemin muletier permet de randonner jusqu’au col du Susten, bien protégé de la route du col. Depuis l’arrêt de bus «Gadmen, Saageli», l’itinéraire mène au barrage et longe la rivière Steiwasser jusqu’à un pont et un pâturage. De là, il suit le cours d’eau Gadmerwasser et gravit le premier palier escarpé jusqu’à Wyssemad. Derrière, les imposants sommets de la Gadmerflüö s’élèvent dans le ciel, recouverts de forêts des deux côtés. Celles-ci se font toujours plus clairsemées et, bientôt, on franchit le deuxième palier majeur en empruntant des chemins stabilisés par des murs en pierre, au bout desquels se trouve un coin grillades. On arrive ensuite à In Miseren, un haut marais d’importance nationale. L’endroit a été façonné par le glacier, comme en témoignent les roches moutonnées. De petits lacs intacts entourés de zones d’alluvionnement sauvages, de grands blocs de roche et un peuplement d’aroles épars forment un paysage paisible. Le chemin est constitué de grandes dalles de pierre qui s’étendent joliment à travers les zones humides. On atteint bientôt la limite des arbres et, avec elle, le but de la randonnée à l’alpage Steingletscher et sa fromagerie. Le lieu offre une bonne vue sur la route du col inaugurée en 1946: construite pour répondre à l’émergence du tourisme automobile, son concept esthétique visait à ce qu’elle forme «une unité avec le majestueux paysage de montagne», comme l’écrivait alors l’ingénieur en chef. Avec succès: le jour de l’inauguration, 15 000 voitures empruntaient déjà la route du col.
Lichens et téléphériques nidwaldiens N° 2350
Schmiedsboden — Niederrickenbach • NW

Lichens et téléphériques nidwaldiens

Le canton de Nidwald est un eldorado des téléphériques. Il compte près d’une vingtaine de petits téléphériques publics. Pour les paysans de montagne, ils sont souvent le seul moyen de transporter des marchandises et des produits agricoles jusqu’aux fermes ou alpages. Mais les randonneuses, les randonneurs et les touristes les empruntent aussi volontiers. La randonnée débute par un court trajet en téléphérique à quatre places d’Oberrickenbach à la ferme Schmiedsboden. De là, le chemin monte d’abord à travers des prairies alpines jusqu’à la forêt Haldiwald. Il grimpe ensuite en pente légère jusqu’à Ober Sack, où la vue sur la vallée d’Engelberg est impressionnante. Le chemin longe alors une arête à l’orée de la forêt et se fait parfois un peu plus raide. Après 300 mètres de dénivelé, on atteint le point culminant de la randonnée à l’alpe Gigi. Ici, une bifurcation en direction de Haldigrat permet au besoin d’arriver au télésiège qui mène jusqu’à Alpboden, peu avant Niederrickenbach. Car la descente suivante n’est pas une mince affaire: le sentier escarpé traverse de magnifiques prairies de montagne en fleurs jusqu’à Wasserboden, puis emprunte un chemin de terre jusqu’à Oberst Hütti, une ferme. Après une autre descente vers Mittlist Hütti, le chemin s’enfonce dans la forêt de Steinalper. Cette réserve forestière est un paradis pour les lichens: plus de 150 espèces y ont déjà été recensées. En y regardant de plus près, ces végétaux à la croisée du champignon et de l’algue se révèlent à chaque pas. Ils ornent les troncs et les branches de motifs originaux aux tons blancs, gris, bruns, voire jaunâtres. La forêt prend fin à Alpboden, la station inférieure du télésiège d’Haldigrat. De là, un chemin bitumé traverse les pâturages, où quelques majestueux érables offrent de l’ombre au bétail en été. A Niederrickenbach, l’église de pèlerinage attend les randonneuses et randonneurs et, juste derrière elle, la maison de pèlerinage et son délicieux buffet de gâteaux.
Le lac d’Uri, un tableau à ciel ouvert N° 2349
Sisikon — Flüelen, Gruonbach • UR

Le lac d’Uri, un tableau à ciel ouvert

Le lac d’Uri a beaucoup inspiré les artistes, dont les peintres paysagistes du XIXe siècle comme le Genevois Alexandre Calame ou le Britannique William Turner. Durant la randonnée, on admire d’abord de très près, puis depuis les hauteurs, ce bassin aux eaux turquoise enserré entre des flancs de montagne escarpés. Le circuit débute à la gare de Sisikon et exige d’abord un peu de tolérance. Le chemin de randonnée en revêtement dur longe sur quelques mètres l’«Axenstrasse», où les véhicules passent à toute vitesse. Alors que les voitures disparaissent dans le tunnel de Buggital, l’itinéraire contourne la montagne par la droite. Grâce aux tunnels piétonniers creusés dans la roche et à la vue sur l’Oberbauenstock et le Niderbauen Chulm, cette partie est pleine de charme. Après le tunnel de Buggital, le sentier descend en lacets vers la rive du lac. Là se succèdent de petits coins tranquilles et de belles vues sur le lac bleu turquoise et le Gitschen, l’Uri Rotstock et le Schlieren en arrière-plan. Voici enfin le restaurant Seebeizli, près du débarcadère de Tellsplatte. A quelques mètres se dresse la chapelle où Guillaume Tell se serait autrefois réfugié pour échapper au bailli Gessler. Après avoir dépassé le carillon, qui sonne tous les jours à partir de 9 h pendant les dix premières minutes de chaque heure, on rejoint la Tellsplatte. Le début du chemin de randonnée de montagne vers Unteraxen est un peu caché derrière un bâtiment. Ce sentier escarpé et ombragé traverse un sol forestier meuble. Le but de la randonnée est le restaurant Ober Axen, qui sert des plats copieux. Le petit téléphérique pour quatre personnes (réservation conseillée) est parfait pour le retour. Lors de la descente vers «Flüelen, Gruonbach», le regard se pose à nouveau sur le lac d’Uri, où voiles et planches de surf dansent maintenant à contre-jour. Une conclusion pleine d’ambiance pour ce circuit varié.
Le long de la Reuss sauvage N° 2317
Mellingen Heitersberg — Birmenstorf AG, Strählgass • AG

Le long de la Reuss sauvage

Cette randonnée convient à tous les âges et traverse l’un des paysages fluviaux les plus attrayants et préservés du Plateau suisse. Peut-être verra-t-on des cormorans sécher leurs ailes ou des traces laissées par une famille de castors très active. De la gare de Mellingen Heitersberg, on rejoint vite la Reuss et ses belles rives. En été, des bateaux pneumatiques descendent la rivière et de nombreuses petites plages de sable et des sites de grillades invitent à la baignade et à la détente. On traverse la réserve naturelle des rives de la Reuss sur un étroit chemin, accompagné par le doux bruit de l’eau. Dans cette nature intacte, on se sent bien loin de la civilisation. Le parcours passe par des zones humides où poussent des bosquets de prêles, près de bancs de gravier et dans la réserve de bois de chênes de Mellingen. Il offre ici et là de nouvelles perspectives sur le paysage laissé à l’état sauvage qui se modifie sans cesse. À mi-chemin, peu avant le Chlusgrabe, qui se franchit par une passerelle, on rejoint une route forestière et la forêt s’éclaircit. Voici bientôt la Lindmüli et sa réserve naturelle où des mesures de revitalisation sont visibles. Le but de la randonnée, Birmenstorf, est proche.