Propositions de randonnées • Suisse Rando

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Pont primé dans le Val Sumvitg N° 2359
Runcahez Val Sumvitg — Surrein, vitg • GR

Pont primé dans le Val Sumvitg

Le pont d’Encardens, récompensé par le Prix Rando en 2026, sert surtout d’accès à la cabane Terri. Comme elle se trouve tout au fond du Val Sumvitg, dans un paysage aussi charmant que sauvage, elle est aussi une destination de randonnée qui vaut le détour. De juin à octobre, un bus alpin (réservation obligatoire) circule deux fois par jour de la gare RhB de Rabius-Surrein jusqu’au petit lac de barrage de Runcahez. De là, le chemin de randonnée remonte la vallée le long du Rein da Sumvitg. Grâce à la résistance des défenseuses et défenseurs de la nature à l’inondation du haut plateau de la Greina, le ruisseau de montagne se jette aujourd’hui encore à l’état naturel vers le Rhin antérieur. Au fond de la vallée, dans la région d’Encardens, il a taillé de belles piscines de granit qui offrent aux randonneuses et randonneurs un rafraîchissement bienvenu en plein été. Après une longue pause près du nouveau pont, on reprend en partie le même chemin jusqu’au passage de Clavaus, qui est également utilisé pour le bétail. Là, on change de rive et on descend tranquillement sur le versant gauche de la vallée. Soudain, un complexe hôtelier abandonné surgit de nulle part. Le Tenigerbad a vu le jour au XIXe siècle et a été fortement agrandi dans les années 1970, avant de faire faillite. D’autres points forts sur le chemin du retour sont le Punt pendenta, le pont suspendu qui enjambe un ruisseau latéral du Rein da Sumvitg, et l’Ustria Val Sumvitg, riche en traditions. Le dernier tronçon mène au-dessus d’une gorge sauvage jusqu’à Surrein, où l’on est surpris par l’architecture audacieuse de l’habitation de Simon Jacomet, un designer de skis et artiste local. Depuis le centre du village, un bus retourne à la gare; alternativement, il faut 20 bonnes minutes de marche pour rejoindre l’autre versant de la vallée.
Circuit du lac de montagne à la cascade N° 2391
Lauenensee • BE

Circuit du lac de montagne à la cascade

Le circuit de randonnée aller-retour du lac de Lauenen à la cabane Geltenhütte CAS comprend un petit lac tranquille, des cascades tonitruantes et un paysage alpin impressionnant. Depuis l’arrêt de bus Lauenensee, il faut d’abord suivre le chemin de randonnée balisé en jaune en direction du lac de Lauenen. Le petit détour au début de la randonnée en vaut la peine: niché entre les marais et les prairies, le lac limpide reflète les sommets des environs. L’itinéraire 307 de SuisseMobile vers le sud-ouest est alors emprunté sur un court tronçon. On le quitte dès que la montée commence, en restant à gauche à l’orée de la forêt. Un chemin non balisé retourne quelques mètres en arrière, au ruisseau Gältebach, où il débouche sur un chemin de randonnée de montagne balisé en blanc-rouge-blanc. Il faut maintenant suivre la signalisation en direction de Geltenhütte CAS. Le chemin monte dans la vallée, en restant toujours à portée de vue et d’ouïe du Gältebach. À Im Ture, une première cascade donne un avant-goût de ce qui attend les randonneuses et randonneurs. Enfin, l’un des points culminants de la randonnée se révèle: la cascade Gälteschutz. D’énormes masses d’eau se précipitent ici dans le vide, sur une hauteur de 180 mètres. Entouré de prairies en fleurs multicolores et d’imposantes parois rocheuses, un décor spectaculaire se déploie. Il est d’autant plus frappant après la fonte des neiges. Sur le flanc de montagne adjacent à la Gälteschutz, le chemin se fait plus raide et plus rocheux. Il faut donc avoir le pied sûr. À 2002 mètres d’altitude, la Geltenhütte CAS se présente enfin et invite à faire une halte au cœur de la réserve naturelle de Gelten-Iffigen. La cabane est située au pied du Hahneschritthore, avec vue sur le Wildhorn, le Geltenhorn et l’Arpelihore. Le chemin du retour est varié et longe l’autre côté de la vallée. Il passe par Gältetrittli et Tungeltrittli jusqu’à Vorschess, où un virage serré débouche sur un chemin de randonnée balisé en jaune qui ramène au lac de Lauenen. La randonnée peut se clore en admirant encore une fois la deuxième grande cascade de ce circuit, la Tungelschutz. Elle capte les eaux des zones du Stieretungel et du Chüetungel et se jette sur des falaises abruptes dans le ruisseau Tungelbach.
Le sommet du Gibel: Du spectacle sans difficulté N° 2292
Käserstatt • BE

Le sommet du Gibel: Du spectacle sans difficulté

Grâce aux remontées mécaniques de Meiringen-Hasliberg, cette petite randonnée à 2000 m d’altitude est facilement accessible à une très grande majorité de randonneurs. Le chemin est principalement balisé en blanc-rouge-blanc, mais il ne présente vraiment aucune difficulté. A partir de l’arrivée du téléphérique, la balade commence par une légère descente en direction de Vordere Staffel. Au point 1777, attention à ne pas suivre la route, mais à bien prendre le joli sentier qui part à gauche pour traverser une zone naturelle. Grâce à l’aménagement de passerelles en bois, les passages marécageux ne présentent pas le moindre problème. On peut pleinement apprécier la vue sur les sommets bernois culminant à plus de 4000 mètres et sur le lac de Brienz. Après la traversée du petit hameau de Vordere Staffel, on attaque tranquillement la montée, d’une heure environ. Peu avant le sommet, au point 1976, on peut, en s’éloignant de quelques mètres sur la gauche, rejoindre une aire aménagée avec deux bancs et qui offre une magnifique vue plongeante sur le lac de Brienz. Pour continuer, ne pas prendre la direction « Käserstatt 1h », mais « Gibel Pt. 2036 15 min ». Ainsi, en faisant un détour de quelques centaines de mètres dans le canton d’Obwald, on peut découvrir le somptueux lac de Lungern, puis accéder au sommet du Gibel. Là, des bancs sont à nouveau proposés, face aux sommets (Eiger, Mönch, Wetterhorn, …) et aux glaciers (Hengsteren, Rosenlouwi, ...). Pour le retour, il n’y a plus qu’à se laisser descendre. Le sentier est agréable et traverse notamment des pâturages dans lesquels poussent de très nombreuses fleurs. A l’arrivée, la terrasse du restaurant de montagne de Käserstatt nous tend les bras !
La crête du Scheidegg depuis Isenthal N° 2291
Isenthal, Dorf • UR

La crête du Scheidegg depuis Isenthal

Isenthal est un petit village uranais de 500 habitants, posé à 771 mètres d’altitude entre des montagnes spectaculaires. Ce sera le point de départ et d’arrivée de notre balade sur le Scheidegg, cette petite chaîne de rochers qui offre des points de vue exceptionnels. En direction de l’ouest, les premiers pas se font sur la route qui quitte le village en direction du Grosstal. Mais rapidement un sentier permet de s’élever sur la droite. D’abord assez douce, la pente devient ensuite plus raide. En regardant sur la gauche, on aperçoit la chaîne de montagnes qui fait frontière entre les cantons d’Uri et de Nidwald, avec notamment le Chaiserstuel et le Hoh Brisen. Après un peu plus d’une heure de marche, on arrive sur un replat : l’Oberre Furggelen, sorte de petit col à partir duquel on découvre pour la première fois le lac d’Uri. On se remet à monter, dans une forêt d’épineux assez dense. Toujours plus caillouteux, le sentier attaque alors la crête du Scheidegg, se faufilant entre de nombreux pins qui nous plongent dans une ambiance méditerranéenne. Environ deux heures après avoir quitté Isenthal, on atteint le point le plus haut à 1413 mètres. Entre les arbres, on admire au sud ces magnifiques sommets que sont le Brunnistock, l’Urirotstock ou le Schlieren. Pour la deuxième moitié de notre randonnée, on longe la crête en direction de l’est, ce qui nous permet de découvrir, toujours mieux, le lac d’Uri (extrémité du lac des Quatre-Cantons). Entre le bleu de l’eau, le vert des pins et le blanc des montagnes avoisinantes, le spectacle est total. Au loin, on aperçoit Altdorf, le chef-lieu du canton d’Uri. Enfin, à partir d’Oberbärchi, on redescend dans la vallée, en appréciant encore la magnifique vue sur le village d’Isenthal dans son écrin de montagnes. Le sentier est bien balisé, pas dangereux, pas vertigineux, mais quand même assez exigeant. Ne pas oublier d’emporter assez d’eau, car il n’y en a pas sur les hauteurs.
Les reptiles de la vallée de Schenkenberg N° 2334
Schinznach Dorf, Oberdorf — Thalheim AG, Dorfplatz • AG

Les reptiles de la vallée de Schenkenberg

Discrète, la vallée argovienne de Schenkenberg se trouve derrière la première chaîne du Jura, entre Aarau et Brugg. Malgré sa proximité avec le Plateau, elle semble déjà loin de l’agitation du monde. A basse altitude, les champs, les prairies et les vignobles se déploient, tandis que les collines les plus escarpées sont boisées, offrant ainsi un circuit de randonnée varié. Depuis Schinznach Dorf, le circuit historique inauguré en 2022 monte à travers la montagne, entre la forêt et les vastes vignobles. Cette partie de la randonnée est aussi le tronçon le plus propice à l’observation de lézards. Par beau temps, les lézards des murailles aiment se prélasser sur les longs murs en pierres sèches, parfois érigés récemment, tandis que les lézards des souches préfèrent rester dans la végétation. Ces derniers, en particulier, sont tributaires de la création de tels habitats par l’être humain, car les effectifs de nombreuses populations ont largement chuté en raison de l’agriculture intensive. Sur les hauteurs de Buechmatt, les premières belles vues dégagées s’offrent sur toute la vallée de Schenkenberg. La randonnée traverse ensuite la forêt sur quelques kilomètres, en direction du sud-ouest. Un peu avant le col de Staffelegg, qui fait le lien entre Aarau et Frick, la randonnée retourne vers l’est. Elle évolue la plupart du temps sur d’agréables routes de gravier à travers champs et à l’orée de forêts en direction de Thalheim. Les impressionnantes ruines du château de Schenkenberg trônent sur une colline boisée au milieu de la vallée. Construit au XIIIe siècle par les Habsbourg, il est tombé en ruine au XVIIIe siècle. Aujourd’hui, il est classé monument historique d’importance nationale. Pour le retour, il suffit de prendre le bus près de la grande fontaine, sur la place du village de Thalheim.
Côté nature et côté ville N° 2311
Russin — Genève • GE

Côté nature et côté ville

Cette randonnée permet de découvrir la région genevoise dans toute sa diversité: nature, transports, rivières, sentiers forestiers enchantés et, enfin, le joyeux tumulte de la ville. Mais une chose après l’autre. C’est à Russin que l’on emprunte le chemin de randonnée. Il quitte la gare, traverse des vignes puis passe par le mur du barrage de Verbois. On entend parfois les avions au-dessus de soi et on s’arrête peut-être pour en apercevoir un. À Aire-la Ville se trouve l’excellent Café du Levant. On s’approche ensuite du pont de l’autoroute qu’il faut traverser. Dans la réserve naturelle du Bois des Mouilles, une passerelle en bois permet de rejoindre un étang très photogénique. La région se dévoile ici sous un jour charmant et le vert des feuilles printanières brille dans les parcelles boisées. La forêt d’Onex et ses sentiers sinueux ont un aspect féérique. On retrouve ici le Rhône, que l’on suit sur le sentier du même nom en direction de Genève. À côté du cimetière Saint-Georges, le plus grand de la ville depuis 1880, un petit parc aux animaux et le sympathique Café de la Tour permettent de faire une halte. Après les derniers escaliers, voici soudain le cœur de la cité, ses cafés, son offre culturelle et son histoire.
Nature idyllique et carrière aux abords de La Sarraz N° 2327
Ferreyres, village — Eclépens, gare • VD

Nature idyllique et carrière aux abords de La Sarraz

Au Mormont, deux mondes s’entrelacent: une nature impressionnante côtoie l’histoire industrielle contemporaine. Au pied de la colline, on extrait en effet de la roche qui servira ensuite à fabriquer du ciment. Depuis l’arrêt de bus «Ferreyres, village», l’itinéraire descend en pente douce. On traverse ensuite la Venoge. En arrivant à une jonction avec la route, il faut longer celle-ci sur quelques dizaines de mètres avant d’accéder à un parking. Des panneaux indiquent la Tine de Conflens, un ensemble de cascades très impressionnantes au printemps. Le site est couru: mieux vaut y aller un jour de semaine, ou tôt le matin. Après avoir suivi l’itinéraire forestier, on tombe sur la friche industrielle de la Filature, une ancienne fabrique en activité de 1871 à 1977, reconvertie aujourd’hui en centre artisanal et culturel. Il faut ensuite traverser la commune de La Sarraz en direction de la gare ferroviaire. Puis on emprunte le chemin des Vignes jusqu’au village d’Eclépens. Après une petite demi-heure, on atteint la carrière exploitée par Holcim pour produire du ciment. Plusieurs cabanes sont destinées aux randonneuses et randonneurs en cas de tir de mines, une action qui permet d’extraire la roche. Un service gratuit d’information par SMS alerte 15 minutes avant chaque tir. Il faut contourner la carrière pour rejoindre la forêt et arpenter le reste de la colline. Le parcours passe ensuite par un chemin non balisé et non entretenu jusqu'au canal d’Entreroches, creusé au XVIIe siècle pour relier un réseau de canaux entre la mer du Nord et la Méditerranée, un projet resté inabouti. Au début du printemps, on peut encore aller voir le parc naturel des Jonquilles, à 400 mètres du canal en direction de l’est, qui est mentionné sur Google Maps. On rejoint ensuite aisément la gare d’Eclépens.
Roches moutonnées dans le sud du Tessin N° 2372
Corticiasca, Paese — Lelgio, Paese • TI

Roches moutonnées dans le sud du Tessin

Les glaciers de l’ère glaciaire, en se retirant, créèrent sur le haut-plateau de Gola di Lago un paysage varié de collines rocheuses aux formes arrondies. Entre elles, marais et forêts de bouleaux évoquent davantage un paysage de la Scandinavie que du sud du Tessin. De Corticiasca, aux jolies maisons en pierre, le chemin monte dans la forêt le long de hauts buissons de genêts puis devient un sentier panoramique offrant une vue superbe jusqu’à la grande croix de Motto della Croce. À Davrosio, on voit déjà les roches moutonnées de Gola di Lago. Peu avant ce haut-plateau, le chemin croise le tunnel de base du Monte Ceneri, creusé profondément dans la montagne. Ce tunnel ferroviaire de 15 kilomètres, reliant Camorino à Vezia, a permis d’aplanir encore l’axe du Saint-Gothard de la NLFA. Ainsi, le point culminant n’est plus qu’à 550 mètres d’altitude et permet le passage de trains de marchandises pesant jusqu’à 4000 tonnes. À quelques minutes à l’ouest du col entre le Val Capriasca et le Val d’Isone, une pause à l’Alpe Santa Maria permet d’acheter des spécialités de fromage et des boissons. Sur la descente vers Lelgio, les feuilles de châtaigniers cachent les irrégularités et les éboulis instables au sol, ce qui exige vigilance et concentration.
Les marmites glaciaires du Val Poschiavo N° 2371
Sfazù, Fermata — Cavaglia • GR

Les marmites glaciaires du Val Poschiavo

Au cours des glaciations millénaires du glacier du Palü, des marmites glaciaires et des marmites de géant pouvant atteindre une profondeur de dix mètres et une largeur de cinq mètres se formèrent près de Cavaglia. Comment? L’eau de fonte s’écoula par les fissures et les crevasses de la glace jusqu’au sous-sol rocheux. Les mouvements circulaires de l’eau de fonte et des éboulis entraînés par le courant creusèrent la roche au fil des millénaires et la polirent, perçant des trous toujours plus profonds et créant ainsi des marmites glaciaires de toutes tailles. La randonnée entre Sfazù et Cavaglia est réservée aux adeptes de la randonnée au pied sûr, ne souffrant pas de vertige. Le chemin longe le versant de la vallée en alternant montées et descentes courtes et raides. Un passage très exposé est sécurisé par des câbles métalliques. Ici et là, on voit depuis la forêt le Val Poschiavo profondément encaissé entre les chaînes de montagnes, au relief lui aussi modelé par les glaciers. Après une dernière descente accidentée sur un chemin recouvert d’éboulis instables, on atteint le jardin des glaciers de Cavaglia. Un circuit traverse ce site impressionnant, librement accessible, et ses marmites glaciaires partiellement franchissables.
Du joli lac de «glace morte» au lac de Zurich N° 2370
Grüningen, Stedtli — Uerikon • ZH

Du joli lac de «glace morte» au lac de Zurich

Le Lützelsee et ses environs font partie des paysages, sites et monuments naturels d’importance nationale et le lac est considéré comme l’un des plus beaux de la région. Ce lac de «glace morte» se forma à la fin de la dernière ère glaciaire, lors du retrait du glacier de la Linth. À cette occasion, une grande masse de glace se détacha de la langue et fut recouverte par les eaux de fonte, mêlées de sable et d’éboulis. On nomme «glace morte» la glace qui n’est plus en contact avec la langue glaciaire. Recouverte d’une couche protectrice, elle fond lentement, laissant derrière elle un trou qui se remplit d’eau de pluie ou d’eau souterraine. La plupart de ces lacs, le Lützelsee mis à part, n’ont ni affluent ni écoulement. Au départ de Grüningen, la randonnée traverse un paysage vallonné de drumlins et passe près du jardin botanique. Ce site magnifique est accessible gratuitement jusqu’à fin octobre. Autour du Lützelsee, on observe également, même en automne, quelques cigognes qui cherchent des souris, des vers de terre ou des batraciens dans les prairies humides. Elles nichent depuis des décennies à Hasel. Après Hombrechtikon, le chemin de randonnée, offrant une vue magnifique sur le lac de Zurich, longe le Trüllisberg jusqu’à Uerikon.
Terrasses graveleuses du Seeland lucernois N° 2369
Emmenbrücke Kapf — Ballwil • LU

Terrasses graveleuses du Seeland lucernois

Il y a plus de 80 000 ans, le glacier de la Reuss en progression transporta d’énormes quantités d’éboulis et de sable depuis les Alpes vers la région située au nord de Lucerne. Sur cette immense terrasse graveleuse à la végétation clairsemée, mammouths, rhinocéros laineux, rennes et loups cherchaient leur nourriture. Du fait de l’avancée puis du recul des masses glaciaires, la région fut plusieurs fois recouverte d’une couche de glace, puis à nouveau libérée. Les couches d’agrégats des parois des gravières de la région révèlent qu’au-dessus de Ballwil, la glace atteignait par périodes plusieurs centaines de mètres d’épaisseur. Sous le poids de ces masses glaciaires, les dépôts de gravier, initialement meubles, ont été compactés. Aujourd’hui, le gravier du sous-sol représente une matière première précieuse pour le secteur de la construction mais aussi une importante formation aquifère. Offrant une vue imprenable sur les Alpes, le Rigi et le Pilate, la randonnée mène de Rothenburg à Ballwil. Par moments, le chemin se transforme en un étroit sentier qui traverse des pâturages, longe des fermes et passe même devant un domaine viticole. Peu avant Ballwil, une gravière permet de découvrir le passé et les trésors enfouis dans le sous-sol.
Vers les sols de lœss bâlois N° 2368
Allschwil, Dorf — Basel, Neubad • BL

Vers les sols de lœss bâlois

Même si le nord-ouest de la Suisse, dont Bâle-Campagne, n’a jamais été recouvert de glace pendant les ères glaciaires, le sous-sol garde des traces de ces époques sous la forme de lœss (ou limon). Lors des périodes glaciaires puis du retrait des glaciers, les vents transportèrent d’immenses quantités de poussière rocheuse depuis les marges des glaciers vers la région de Bâle. Le lœss se compose surtout de minéraux calcaires et argileux et de très fins grains de sable de quartz. Ces dépôts de lœss ont donné naissance à des sols très fertiles, qui retiennent bien l’eau et favorisent un bon enracinement des plantes. De l’arrêt de tram d’Allschwil, on passe en quelques pas de la ville à la campagne le long du Mülibach. Le chemin mène dans la paisible vallée du Mülibach par une forêt aux couleurs automnales et au bord de champs moissonnés, puis à une colline près de Ziegelhof. Il descend vers le Dorenbach par une hêtraie chatoyante. Pour observer un sol de lœss, il faut quitter le chemin officiel à Herzogematt et suivre un petit sentier menant aux étangs. On voit très vite le sol jaunâtre au bord du chemin. Après une boucle passant par la tour d’observation qui revient sur le chemin officiel, le parcours longe le Dorenbach en direction de Bâle.
Les vestiges du glacier de l’Aar N° 2367
Kirchdorf BE, Kirchgasse — Toffen • BE

Les vestiges du glacier de l’Aar

Cette randonnée au pied du Belpberg, de Kirchdorf à Toffen, traverse un paysage façonné par le glacier de l’Aar lors de la dernière ère glaciaire. À cette époque, l’itinéraire pédestre était recouvert d’une couche de glace de plusieurs centaines de mètres d’épaisseur, qui s’étendait au-delà du Belpberg. Lors du retrait du glacier, une importante masse de glace resta sur place près de Gerzensee. On nomme «glace morte» ce type de glace dissocié de la langue glaciaire. Sa fonte donna naissance à une dépression qui se remplit d’eau pour former un lac, le Gerzensee. Entouré de roseaux et de prairies humides, ce lac issu de la glace morte est aujourd’hui une réserve naturelle, visible de loin depuis le chemin. Le long du versant ouest du Belpberg, modelé par la glace, le chemin se poursuit vers Toffen, offrant une belle vue sur le Gürbetal. Lors d’une glaciation antérieure, le glacier de l’Aar avait creusé une gorge étroite d’environ 150 mètres de profondeur sous le fond actuel de la vallée. Vers la fin de cette période, les masses de glace n’érodèrent plus le fond de la vallée, mais l’élargirent. Il ne reste aujourd’hui aucune trace de l’ancienne profonde gorge glaciaire du Gürbetal, qui a été comblée par des éboulis et des sédiments glaciaires.
Un bloc erratique emporté jusqu’à Neuchâtel N° 2366
Chaumont — Valangin, centre • NE

Un bloc erratique emporté jusqu’à Neuchâtel

À première vue, l’énorme bloc erratique de granit dressé en biais au-dessus de Neuchâtel pourrait être une installation artistique, tant son aspect est inhabituel. Avec un peu d’imagination, ce colosse rocheux de près de 3000 tonnes évoque un crapaud prêt à sauter. Et c’est de là qu’il tire son nom puisque «bot» signifie «crapaud» en patois. Lors de la dernière période glaciaire, il y a quelque 20 000 ans, le glacier du Rhône traîna jusqu’ici ce bloc rocheux depuis la région du massif du Mont-Blanc. Au début de la randonnée, il ne faut pas hésiter à débourser un franc pour monter sur la tour de Chaumont. Le chemin de randonnée traverse ensuite la forêt et les pâturages puis descend vers la terrasse où trône, un peu caché dans la forêt, l’impressionnant et remarquable bloc erratique de Pierre-à-Bot. Après avoir franchi deux routes, l’itinéraire bifurque à droite sur un chemin forestier non balisé, avant de rejoindre, 150 mètres plus loin, un chemin officiel. Peu avant Valangin, la suite du parcours exige un pas sûr et une absence de vertige. Il est possible de contourner par la route forestière les tronçons raides et un peu exposés. Avant le retour, une visite de la petite ville bien préservée de Valangin et de son château vaut le détour.
Sur la crête du Fringeliberg N° 2362
Bärschwil, Dorf • SO

Sur la crête du Fringeliberg

Bärschwil se trouve dans une cuvette, au sud de Laufon et au nord d’un contrefort jurassien. La localité est entourée de douces collines boisées, qui se parent de couleurs éclatantes à l’automne. L’une d’entre elles est le Fringeliberg, le but de cette randonnée. En 1557, la chaîne de montagnes fut achetée par un bourgeois de Soleure, Andreas Fringeli. Depuis, elle porte son nom dans le langage populaire. Aujourd’hui encore, des Fringeli vivent à Bärschwil. L’itinéraire quitte rapidement le petit village soleurois pour monter à travers un pâturage, en passant devant Bützi. S’ensuit une ascension raide dans la forêt. Ici, la prudence s’impose: sous les feuilles mortes, le terrain accidenté peut aussi être humide et glissant. Il faut avoir le pied sûr et de bonnes chaussures. Sur la droite, des falaises calcaires s’élèvent à la verticale entre les cimes colorées. Enfin, le chemin quitte la forêt. Il faut alors un instant pour s’orienter, car le sentier se perd dans l’herbe. En suivant la signalisation, on constate que le chemin de randonnée coupe tout droit dans la prairie jusqu’au hameau de Vögeli. Sur un sentier de marne, on monte tranquillement le versant avec vue sur la Roti Flue. Enfin, le chemin de randonnée tourne à gauche et mène au Rechtenberg, une section du Fringeliberg. Une jolie place de pique-nique se trouve en haut, près de la maison des Amis de la Nature. La randonnée se poursuit ensuite sur la crête. La roche blanche ressort entre les feuilles de hêtre rouges. Ce tronçon présente lui aussi un risque de glissade et de trébuchement en automne. L’endroit est quasi désert et offre des vues fantastiques sur le Schwarzbubenland, la Forêt-Noire, les Vosges et le val Terbi. Après un certain temps, le chemin de randonnée bifurque à gauche en direction d’Ober Fringeli. De là, la descente est raide: d’abord à travers la forêt, puis sur des terres agricoles, avant de passer devant la ferme Hasel et d’arriver bientôt au cœur de Bärschwil.
Les chapelles de l’arrière-pays lucernois N° 2361
Hellbühl, Post — Buttisholz, Dorf • LU

Les chapelles de l’arrière-pays lucernois

Contrairement aux randonnées classiques, surtout entreprises quand le soleil brille pour profiter de la vue, certains itinéraires peuvent être empruntés même par mauvais temps. C’est le cas du parcours des chapelles lucernois (Luzerner Kapellenweg). Il est bordé de nombreuses églises et chapelles qui donnent un aperçu vivant de l’architecture sacrée de l’arrière-pays lucernois, tout en offrant une protection contre les intempéries. Le parcours, pour lequel il faut compter plus de cinq heures, démarre à Hellbühl et s’achève à Ettiswil. En cas de journée humide et brumeuse, il est possible de le raccourcir. Il est alors conseillé de parcourir la première moitié de l’itinéraire. Cette proposition de randonnée commence par la seule montée notable de l’itinéraire: de Hellbühl, le chemin grimpe sur 100 mètres de dénivelé jusqu’à Hueb. Peu après, il atteint le point culminant de l’itinéraire avec la chapelle St. Katharina, à Under Herreweg. A partir de là, la randonnée évolue généralement à plat en direction de Buttisholz via Ruswil, St. Ulrich et St. Ottilien. Le parcours des chapelles traverse la vallée du Rottal, ponctuée de douces collines et soumise à une agriculture intensive. La région se caractérise par ses champs de blé, ses prairies et ses pâturages. Le revers de cette jolie médaille: la plupart des fermes sont desservies par de petites routes. Le trafic est certes faible, mais cet état de fait reste néanmoins peu agréable pour la randonnée: plus de la moitié du parcours est recouverte d’un revêtement dur. Heureusement, les tronçons bitumés sont entrecoupés de passages à l’état naturel. La partie entre Rüediswil et Buttisholz est particulièrement attrayante. C’est aussi là que se trouve la chapelle de pèlerinage St. Ottilien. Avec sa forme octogonale et sa silhouette délicate, elle est un joyau exceptionnel parmi les édifices religieux de Suisse.
Traces glaciaires sur l’Elsigenalp N° 2364
Elsigenalp • BE

Traces glaciaires sur l’Elsigenalp

Le relief de l’Elsigenalp porte la marque d’effondrements rocheux et de l’action des glaciers de l’ère glaciaire. Des moraines bosselées formées par un glacier qui descendait alors depuis le Glöggital sont visibles près de l’Elsigsee. Sa surface était recouverte d’une grande quantité de débris pierreux détachés des parois abruptes de l’Allmegrat. En fondant, le glacier a laissé derrière lui le paysage vallonné entourant l’Elsigsee. De la station supérieure, à l’Elsigenalp, le chemin de randonnée suit d’abord une petite route goudronnée puis un étroit sentier en direction de l’Elsighorn. En automne, les cloches des vaches se sont tues et les pâturages sont broutés. Après un passage raide mais court, voici le sommet de l’Elsighorn. Un panorama grandiose et des vues à pic sur la vallée de Frutigen récompensent tous les efforts. Lors de la descente, le paysage vallonné autour de l’Elsigsee est bien visible au sud. Les éboulis autrefois dépourvus de végétation sont recouverts d’herbes et d’épicéas. Lors d’étés secs, le petit lac de montagne, qui n’a ni affluent ni écoulement direct, est souvent asséché vers la fin du mois d’août. Après les pluies d’automne, il se remplit à nouveau.
Randonnée minérale au Fallerfurgga N° 2360
Avers, Juf — Mulegns • GR

Randonnée minérale au Fallerfurgga

Les Alpes suisses sont des montagnes relativement jeunes à la structure extrêmement complexe, composée de roches d’origines diverses. Au fil du temps, les roches ont été plissées, découpées et, en de nombreux endroits, fondues et déformées comme si elles étaient passées au four. L’un des endroits les plus intéressants pour admirer cette diversité de roches et de structures est la zone du Fallerfurgga, située entre Juf et Bivio, dans le sud-ouest des Grisons. Au départ de Juf, l’itinéraire emprunte de vastes prairies et pâturages jusqu’au col du Stallerberg. La montée jusqu’au Fallerfurgga borde les pittoresques lacs Flüeseen, avec une végétation de plus en plus clairsemée et une grande diversité des roches. Sur la gauche, le domaine du Mazzaspitz est principalement constitué de serpentinite, de calcaire, de schiste argileux et de métabasalte. Le Piz Surpare, sur la droite, a une composition encore plus variée, avec de la métarhyolithe, de la radiolarite, de la dolomite, du schiste argileux, de la phyllite et de la serpentinite. On pourrait passer des heures à former une collection de pierres aux couleurs magnifiques, aux formes singulières et aux structures mystérieuses. Depuis le col, la descente dans le long Val Bercla traverse de gros éboulis, qui ne présentent pas de difficultés majeures. Les personnes qui désirent faire une longue pause dans un endroit calme et idyllique peuvent, si le débit du ruisseau n’est pas trop important, rejoindre le Lai Neir par un terrain facile et dépourvu de sentiers. Après environ 900 mètres de descente depuis le Fallerfurgga, l’itinéraire mène au Val Faller, avec ses prairies plates et verdoyantes, et le petit hameau de Tga. Il se termine sur des chemins de randonnée et des routes forestières traversant ce même val jusqu’à l’arrêt du car postal à Mulegns.
Vers les kames de la Gruyère N° 2365
Rossens FR, village — La Roche FR, village • FR

Vers les kames de la Gruyère

Les kames, comme ceux de Pont-la-Ville, sont des buttes coniques que le glacier du Rhône déposa ici à la fin de la dernière ère glaciaire. Ils se forment quand l’eau de fonte transporte des éboulis à la surface du glacier puis les achemine par des crevasses jusqu’au fond du glacier, où ils s’accumulent. Plusieurs de ces buttes arrondies sont visibles dans cette région de la Gruyère, car le glacier du Rhône, ayant cessé de progresser, ne les a pas détruites sous son poids. Il s’est contenté de fondre et de s’affaisser. De Rossens, le chemin descend au barrage du lac de la Gruyère et traverse une baie par un pont suspendu. Mis en service en 1948, ce lac de retenue est le plus long (plus de 13 km) de Suisse, le deuxième par sa superficie et le troisième par son volume. Après une brève montée depuis les rives du lac jusqu’à la ferme au lieu-dit Les Entos, on voit le premier kame, un terme écossais signifiant «colline escarpée constituée de matériaux meubles». Ce cône s’élève gracieusement face au lointain Gibloux, avec son antenne, de l’autre côté du lac. Au fur et à mesure de la montée, les kames sont de plus en plus nombreux. Au pied de la colline de La Combert, on les voit en contrebas, puis le parcours redescend vers La Roche.
Franchir une moraine dans le Val Ferret N° 2363
La Fouly VS — Praz-de-Fort • VS

Franchir une moraine dans le Val Ferret

La crête de Saleinaz, une imposante moraine latérale de près de cent mètres de haut, a été déposée lors de la dernière ère glaciaire par un glacier du massif du Mont-Blanc devant Praz-de-Fort. La moraine escarpée se dresse en travers de la vallée principale telle une digue artificielle. Autrefois, son front atteignait même le versant opposé avant que la Dranse de Ferret ne se fraye un chemin dans les éboulis et n’érode ce barrage de pierres. Le Val Ferret ensoleillé est bordé de nombreux sommets granitiques aux étonnantes arêtes dentelées. Depuis La Fouly, le parcours longe le bassin de retenue aux eaux turquoise, descend jusqu’à la Dranse de Ferret puis la suit sur un faible dénivelé. Le large lit de la rivière laisse deviner les puissantes masses d’eau qui se déversent vers l’aval après les orages. Un tronçon court un peu exposé est sécurisé par un câble d’acier. La crête de Saleinaz se voit de loin, au fond de la vallée. Le chemin franchit la large crête de la moraine, où se dressent aujourd’hui des mélèzes. Le sol de la forêt recouvre des matériaux morainiques composés de pierres de diverses tailles, allant du petit gravier au gros bloc erratique. Du pied de la moraine, Praz-de-Fort n’est plus qu’à quelques minutes.
Randonnée gourmande à travers Lausanne N° 2358
Lausanne, Lac Sauvabelin — Lausanne • VD

Randonnée gourmande à travers Lausanne

Le canton de Vaud se découvre en une journée, d’un point de vue gourmand tout au moins. Un parcours dans son chef-lieu, Lausanne, permet de goûter au fromage des Alpes vaudoises de la fromagerie Macheret, à la bière du Jorat du magasin La Mise en Bière ou encore aux filets de perche du Léman à la Brasserie de Montbenon, sur la belle esplanade du même nom. Le bus dépose randonneuses et randonneurs à l’arrêt «Lausanne, Lac Sauvabelin». Près du petit lac se dresse la tour de Sauvabelin. On gravit ses 151 marches pour admirer la vue panoramique sur presque toutes les régions du Pays de Vaud puis on passe dans la forêt pour rejoindre le parc de l’Hermitage. Au château Saint-Maire, on parvient à la vieille ville et, très vite, à la cathédrale Notre-Dame. Les escaliers du Marché mènent à la place de la Palud. Que l’on se balade dans la vieille ville ou dans le quartier moderne du Flon, les découvertes culinaires ne manquent pas. Le parcours de randonnée balisé contourne le nœud central du Flon et renoue avec le calme sur l’esplanade de Montbenon. En suivant le chemin des Croix-Rouges et en traversant les voies ferrées, on rejoint le petit vignoble du Languedoc, puis on suit les chemins de Bon-Abri et du Couchant jusqu’à la vallée de la Jeunesse. Créé pour l’Expo 64, ce parc, avec ses parterres de roses en terrasses, son toit en béton incurvé et ses aires de jeux, mérite le détour. On poursuit vers le lac que l’on longe jusqu’à Ouchy, où l’on bifurque vers la promenade de la Ficelle. Ce nom était celui donné au funiculaire qui transportait autrefois matériel et passagers vers le quartier industriel du Flon et qui a été remplacé par le métro. Au boulevard de Grancy, près de la gare centrale, un détour par la boulangerie Monco’Pain s’impose pour goûter une tarte à la raisinée, à base de jus de pomme ou de poire concentré provenant du Jura vaudois et du nord du canton.
Sur les traces d’un des plus célèbres peintres vaudois N° 2357
Mézières VD, village — Moudon • VD

Sur les traces d’un des plus célèbres peintres vaudois

Eugène Burnand est l’un des rares artistes suisses à avoir connu le succès de son vivant et à avoir pu vivre de ses œuvres. Il était célèbre dans toute l’Europe et a habité tour à tour à Versailles, Florence, Montpellier et Paris, où il mourut en 1921. Il a toutefois été enterré à Vulliens, dans le Jorat. Cette randonnée passe près de sa tombe. Suivre les traces d’Eugène Burnand en Suisse fait traverser un paysage parsemé de fermes imposantes, construites en pierre et pour la plupart bien conservées, de grandes étables, de vastes champs et, en automne, d’immenses tas de betteraves sucrières. Ces lieux, l’artiste les peignait déjà au XXe siècle dans un style réaliste, ainsi que les personnes qui travaillaient dur avec des moyens modestes. Aujourd’hui, on utilise des machines, raison pour laquelle de nombreux chemins de cette randonnée sont asphaltés. Cela n’enlève rien à ce circuit culturel qui a l’avantage d’être praticable même par temps pluvieux. On part de Mézières, dans le canton de Vaud, on traverse la rivière du Carrouge et on monte vers les hauteurs, d’où l’on aperçoit bien les chaînes de collines. Après Vuillens, on arrive à Seppey. C’est dans un château de ce hameau qu’Eugène Burnand a vécu et travaillé pendant la Première Guerre mondiale. C’est ici aussi qu’il a réalisé l’une de ses œuvres majeures, «Labour dans le Jorat». Elle représente deux hommes avec une charrue tirée par deux vaches et un cheval. Sur la droite du tableau, on reconnaît le petit village de Syens. On atteint bientôt la Broye, que l’on longe jusqu’à Moudon. Un musée, qui n’ouvre que quelques jours par semaine, est consacré au grand peintre dans la Ville-Haute de Moudon.
Marcher et observer à La Sauge N° 2356
Sugiez — Cudrefin • VD

Marcher et observer à La Sauge

Cette proposition est une sorte de poupée russe, puisqu’elle comporte une randonnée dans la randonnée. Sur 10 kilomètres, la balade de base mène de Sugiez, dans le Vully fribourgeois, à Cudrefin, village vaudois situé au bord du lac de Neuchâtel. A mi-chemin, elle invite à quelques pas supplémentaires pour visiter le Centre-Nature de La Sauge. Au cœur de la région des Trois-Lacs, la randonnée principale commence par longer le canal de la Broye. Parfaitement plat, le sentier serpente entre prairies et roselières jusqu’à La Sauge. Ensuite, le chemin s’enfonce dans la Grande Cariçaie, la plus vaste réserve naturelle lacustre de Suisse, véritable joyau écologique qui borde la rive sud du lac de Neuchâtel. On y perçoit le bruissement des roseaux et le chant des oiseaux. Avec un peu de chance, on peut observer quelques spécimens. Enfin, à l’approche de Cudrefin, on rejoint le bord de l’eau, avec quelques plages et places de pique-nique à disposition. A La Sauge, moyennant le paiement d’une entrée, il est possible d’ajouter 500 mètres de balade pour encore mieux observer la faune et la flore. Le parcours du Centre-Nature BirdLife est notamment équipé de quatre observatoires abrités et munis de bancs. Depuis 2001, plus de 200 espèces d’oiseaux y ont été recensées. La présence de martins-pêcheurs, d’aigrettes blanches ou de hérons est quasi permanente. Outre les oiseaux, les mares du centre permettent également de suivre les évolutions de castors, de grenouilles et d’une multitude d’insectes et de petits animaux aquatiques. Selon la patience de chacun, le centre se visite en quelques minutes ... ou en de longues heures! Comptez environ 1 h 30 en moyenne.
Le Chablais, pays de châtaignes N° 2355
Ollon VD — Le Bévieux • VD

Le Chablais, pays de châtaignes

Dans certaines régions de montagne, les châtaignes étaient autrefois à la base du régime alimentaire. Les châtaigneraies sont aujourd’hui à nouveau entretenues et reboisées. Vers la fin octobre, les fruits mûrs tombent, par exemple sur le trajet de la randonnée d’Ollon à Bévieux. Du vert au rouge profond, en passant par le jaune et l’orange: dès la sortie du village d’Ollon, les vignobles se déploient et la vue s’ouvre sur la vallée du Rhône. Le chemin traverse ensuite une forêt dont la lisière est parsemée de sculptures en bois. C’est là que les boules épineuses et les longues feuilles dentelées se mêlent pour la première fois aux feuilles de chêne et de hêtre: un châtaignier. De nombreux parapentes tournent dans le ciel. Le hameau d’Antagnes s’étire le long de la route principale. Des maisons modernes en verre avec piscine succèdent aux vieilles bâtisses en bois brun foncé. Après un nouveau passage pittoresque à travers les vignobles, le chemin arrive au fond de la vallée puis, un peu plus loin, aux mines de sel de Bex. Celles-ci peuvent être explorées lors d’une visite guidée. Après une courte montée, la vue s’ouvre sur une châtaigneraie: à côté d’arbres noueux ancestraux se trouvent de jeunes plants de taille moyenne, récemment mis en terre avec des tuteurs. Plusieurs communes du Chablais participent à des projets de reboisement et le canton de Vaud soutient la préservation et l’entretien de la culture de châtaigniers. Mais attention: les arbres appartenant à des particuliers, le ramassage de masse n’est pas autorisé. Le chemin continue à grimper jusqu’à Fenalet-sur-Bex. L’ancien centre du village se compose de maisons en bois flanquées de jardins potagers et de jolies tonnelles. L’itinéraire traverse les vignes une troisième fois, cette fois-ci sur un chemin escarpé en revêtement dur. Après un court passage en forêt, la destination du jour est atteinte à Bévieux, l’actuel site principal d’extraction industrielle du sel.